Les demandes d’hébergement ne cessent d’augmenter

Lutte contre les exclusions

La Fnars vient de publier la synthèse des principaux résultats du rapport 115 pour l’année 2012. Les demandes d’hébergement sont en hausse de 30 %.

La Fnars a présenté, mi-octobre, une synthèse des principales données statistiques nationales présentées dans le rapport annuel 2012 de l’Observatoire national du 115. Rappel : numéro d’urgence accessible 24h/24 et gratuit, le 115 est la ligne téléphonique d’accueil et d’aide aux personnes sans-abri et en grande difficulté.

Les chiffres publiés témoignent du chemin qu’il reste à parcourir pour traduire l’engagement du gouvernement de mettre fin à la gestion au thermomètre, insiste la Fédération. « Face à l’absence patente de places disponibles, de nombreuses personnes restent contraintes de vivre à la rue, malgré leur appel au 115. L’activité du 115 révèle les limites de la gestion de l’urgence sociale, prise dans l’étau d’une augmentation de la demande et d’une absence de solutions pour y répondre ».

Au-delà, le système dans son ensemble démontre « son incapacité à sortir les personnes de l’urgence pour les accompagner vers des solutions plus pérennes », reprend la Fnars. Selon elle, cet état des lieux chiffré met en exergue « la nécessité de mesures pour l’urgence sociale, portée par une volonté politique forte, dans le cadre du plan quinquennal de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale ; et des moyens pour la soutenir ».
 

Des demandes d’hébergement en forte hausse

Les personnes qui appellent le 115 sollicitent essentiellement une solution d’hébergement (90 % des demandes). Ainsi, entre janvier et décembre 2012, les demandes d’hébergement ont augmenté de 30 %, sous « l’effet conjugué des flux migratoires et de la crise économique ». La hausse s’est accélérée à partir de l’automne 2012 pour atteindre 70 000 demandes d’hébergement en novembre, contre 45 000 demandes mensuelles en moyenne de janvier à septembre.

Les hommes isolés constituent le principal public des demandeurs au 115. Sur les 93 996 personnes qui ont appelé le 115 en 2012 dans les 37 départements participant à l’Observatoire national 115, les hommes isolés représentent 45 % des personnes, contre 35 % pour les familles, 11 % pour les femmes seules, 6 % pour les couples sans enfant et 3 % pour les groupes d’adultes sans enfant.

Si les hommes seuls restent majoritaires sur l’année étudiée, les sollicitations des familles progressent de manière forte. Entre janvier et décembre, + 31 % de personnes en famille ont sollicité le 115. Sur certains territoires, les 115 observent une augmentation des demandes de familles expulsées de leur logement pour défaut de paiement de loyers et qui, pour certaines, sont reconnues au titre du DALO, rapporte la Fnars. Moins nombreuses en termes de personnes, les familles sollicitent davantage le 115 que les autres publics. Face au manque de solutions qui leur sont proposées, elles multiplient leurs demandes. Ainsi les personnes en famille font 8,8 demandes en moyenne sur une année, quand les hommes isolés en font 5,3.

Les jeunes constituent également un public non négligeable du 115. Ils représentent 17 % des personnes qui ont appelé le 115 en 2012. Le recours au numéro d’appel d’urgence « signe souvent une situation de rupture familiale et une fragilité du lien social », note la Fnars. Autre évolution en 2012 : l’augmentation des demandes au 115 des personnes de nationalité étrangère, qu’elles soient issues de l’Union européenne (+ 26 %) ou hors Union européenne (+ 50 %).
 

Près des deux tiers des demandes restent sans réponse

Si la proportion d’attributions de places varie fortement selon les départements, le constat est partout le même : la persistance d’un trop grand nombre de demandes d’hébergement non satisfaites faute de places. En 2012, sur les 37 départements de l’échantillon, près des deux tiers (64 %) des demandes n’ont pas donné lieu à un hébergement ! Ces non-attributions s’expliquent, à 68 %, par l’absence de places disponibles.

« Pour pallier au manque structurel de places pérennes, des places temporaires et de nuitées hôtelières sont fortement mobilisées l’hiver pour mettre les personnes à l’abri, selon une gestion en « stop and go », explique la Fnars. Régulée par le thermomètre, l’offre d’hébergement d’urgence s’adapte en hiver aux conditions climatiques plus qu’aux besoins des personnes ». Ainsi, sur l’année 2012, les pourcentages d’attributions ont été les plus élevés au mois de février (62 %), lors du déclenchement des plans grands froids sur les territoires.

Si la chute des températures engendre indirectement une hausse des besoins urgents de mises à l’abri, elle n’en constitue pas la seule cause. Au printemps et en été, les demandes au 115 sont aussi nombreuses, voire plus, du fait de la fermeture des structures.

Au total, sur l’année 2012, les non-attributions ont augmenté de 41 %. « L’automne et l’hiver 2012 marquent un nouveau tournant de l’échec d’une politique au thermomètre », martèle la Fnars. Renforcé en période hivernale, le dispositif reste « très largement insuffisant pour répondre à l’augmentation des demandes ». Le système continue de laisser une partie importante de personnes sans solution. 60 % à 70 % des demandes sont ainsi demeurées sans solution en novembre et décembre 2012.

Rapport complet disponible sur : www.fnars.org

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