Marseille : la centaine de Roms présents porte d’Aix délogés par la police

Lutte contre les exclusions

La centaine de Roms, parmi lesquels près d’une trentaine d’enfants, qui occupaient les pelouses de la porte d’Aix, à l’entrée de Marseille, ont été délogés jeudi matin par la police, a-t-on appris de sources concordantes.

L’intervention policière déclenchée après la prise lundi, par la mairie de Marseille, d’un arrêté d’expulsion validé par le tribunal administratif, a débuté dans le calme à 6h15, a précisé à l’AFP Bernard Eynaud, responsable de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) dans les Bouches-du-Rhône, présent sur place.

Une cinquantaine de CRS et une vingtaine de policiers en civil notamment de la police de l’air et des frontières (PAF) se sont disposés tout autour des espaces verts de la porte d’Aix, encerclant les familles Roms, leur demandant de quitter les lieux et procédant à des contrôles d’identité, ont décrit M. Eynaud et un photographe de l’AFP.

Une centaine de policiers (compagnie de CRS, policiers de la sûreté départementale, de la Paf et de la sécurité publique) ont participé à cette opération, a précisé une source proche de l’enquête. « Je pense qu’ils vont traverser et s’installer sur le trottoir d’en face si la police les laisse faire parce qu’ils n’ont nulle part où aller », a ajouté M. Eynaud, jugeant la situation « glauque et écœurante ».

Une porte-parole de la mairie de Marseille a indiqué mercredi soir que, « comme à chaque fois, des propositions d’hébergement notamment au centre de la Madrague, seraient faites par le Samu social ». « Jusqu’à présent, elles ont été à chaque fois refusées », a-t-elle ajouté. « Il s’agit de places dans des centres pour SDF ou personnes désocialisées, ce qui n’est pas du tout le cas des Roms qui vivent en famille. De plus, ces endroits ne sont pas adaptés pour les femmes et les enfants », a expliqué M. Eynaud.

 Plus de 90 personnes, dont une trentaine d’enfants, qui avaient été délogées de squats, occupent depuis un mois les pelouses « dans des conditions d’indignité, d’une extrême précarité, d’insécurité et d’insalubrité, sans eau ni sanitaires », a écrit le maire UMP Jean-Claude Gaudin dans l’arrêté, transmis à l’AFP. « Considérant que cette occupation est de nature à générer un trouble grave à l’ordre public qui s’accentue chaque jour », la ville ordonne « l’évacuation sans délai des espaces verts et autres espaces publics situés à la porte d’Aix ».

L’annonce de cette expulsion a été très critiquée par les représentants de la gauche et de l’extrême gauche locale. « Au lieu de dépenser du temps et de l’énergie à chercher un lieu où ces familles pourraient se stabiliser dans des conditions décentes de vie, d’hygiène et de salubrité, les autorités se mobilisent… pour les chasser, les traquer, les renvoyer toujours un peu plus loin », s’est indigné mardi le groupe des élus Front de Gauche au Conseil régional.

Le parti communiste local (PCF13) a dénoncé « la chasse aux Roms » de la « mairie UMP (qui) poursuit les pauvres jusqu’au tribunal ». Le président (PS) de la région Paca, Michel Vauzelle a jugé mercredi soir « honteux et inacceptable dexpulser des Roms sans accompagnement. Une nouvelle fois, aucune solution de relogement na été proposée pour offrir à ces citoyens de lUnion européenne des conditions de vie décentes », écrit-il.

Médecins du Monde (MdM) avait dénoncé fin juillet à Marseille « le harcèlement policier » dont sont victimes les Roms dans la cité phocéenne, appelant à un « moratoire des expulsions » et à l’arrêt de ce harcèlement.

 

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Posté le par Rédaction Weka

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