Sans-abri : 22 départements placés en « alerte grand froid »

Lutte contre les exclusions

Vingt-deux départements, dont les huit d’Île-de-France, le Nord et le Rhône, ont activé leur « alerte grand froid » pour l’hébergement des sans-abri en raison de la vague de froid qui parcourt actuellement la moitié de la France, a annoncé lundi 5 février le ministère de la Cohésion des territoires.

Ce déclenchement de l’alerte entraîne l’ouverture d’un millier de places d’hébergement d’urgence, en plus des 13 000 déjà ouvertes pour l’hiver : 649 places supplémentaires en Île-de-France, dont 238 à Paris, et 409 dans les 14 autres départements concernés, indique le ministère dans un communiqué.

Ces derniers sont : l’Ardèche, le Cantal, la Loire, le Rhône, l’Yonne, les Côtes d’Armor, le Nord, l’Oise, la Manche, la Seine-Maritime, la Charente, la Charente-Maritime, la Vienne et l’Aveyron.

« Derrière les chiffres, il y a des réalités humaines insupportables et des hommes qui restent à la rue. Notre combat est de faire le maximum pour garantir un toit aux plus démunis. Nous devons redoubler d’efforts avec l’arrivée des vagues de froid cette semaine », a déclaré le ministre Jacques Mézard, cité dans le communiqué.

En fonction des températures ressenties et de la situation locale, c’est le préfet qui peut décider d’activer le plan Grand Froid dans son département.

« L’ensemble des services de l’État reste mobilisé pour répondre aux situations collectives et individuelles problématiques liées à cette vague de froid et en collaboration avec toutes les collectivités locales concernées », assure le ministère.

En Île-de-France, une cellule de crise est mise en place à la préfecture de région et « toutes les équipes de maraudes, pédestres, véhiculées, nocturnes (Samu Social de Paris, ville de Paris, associations etc.) seront renforcées pour aller à la rencontre de tous les publics », souligne-t-on dans le communiqué.

Les 673 nouvelles places ouvertes dans la région seront notamment aménagées dans des gymnases, des salles communales ou encore des locaux d’associations, a précisé la préfecture d’Île-de-France dans un communiqué.

L’ouverture de nouvelles places vise à répondre aux besoins croissants d’hébergement, notamment à Paris. « Certains qui préfèrent généralement rester à la rue (…) font la démarche d’appeler le 115 pour obtenir un hébergement d’urgence », a indiqué à la presse le secrétaire général de la région Île-de-France, François Ravier.

La ville de Paris a, elle, annoncé l’ouverture de 64 places gérées par Emmaüs à l’intérieur de mairies d’arrondissement, notamment dans les 4e et 15e arrondissements.

Ces nouvelles places s’ajoutent aux 103 000 places prévues tout au long de l’année en Île-de-France, selon la préfecture. Sans compter les 3 680 places de « renfort hivernal » déjà ouvertes, mobilisables entre le 1er novembre et le 31 mars.

« Il ne s’agit pas seulement d’avoir le lieu », a toutefois insisté M. Ravier. « Encore faut-il avoir l’opérateur, qu’il ait la logistique nécessaire : les lits, les kits d’hygiène, la restauration, etc. »

La moitié de la France était lundi 5 février en vigilance orange pour la neige et le verglas, première vraie incursion de l’hiver après deux mois d’une douceur exceptionnelle.

Du Massif central à la Lorraine en passant par les Pays-de-la-Loire et l’Île-de-France, 42 départements devraient subir fortement les assauts de la neige et du froid, avec un épisode particulièrement notable mardi 6 février de la Touraine à la Vendée.

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