L’Institut Montaigne veut que les entreprises et les administrations collectent des données ethniques

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Pour mieux lutter contre les discriminations liées à l’origine, l’Institut Montaigne plaide, dans un rapport publié jeudi 11 septembre, en faveur de « mesures de la diversité ethnique » en entreprise, dans la fonction publique et à l’université.

Dans ce document, intitulé « Dix ans de politiques de diversité : quel bilan ?« , le cercle de réflexion d’inspiration libérale souligne que des progrès ont été accomplis dans la lutte contre les discriminations liées au sexe, à l’âge ou au handicap.

Ces avancées ont, selon les auteurs, été encouragées par des objectifs chiffrés (20 % de femmes dans les conseils d’administration des grosses entreprises, 6 % des effectifs handicapés pour les entreprises de plus de 20 salariés) ou des mesures ciblées (emplois jeunes, contrats de génération) rendues possibles par l’existence de données sur ces populations.

En revanche, « la difficulté de la mesure de la diversité ethnique par les entreprises et les administrations constitue un obstacle majeur à la lutte contre les discriminations » liées à l’origine, écrivent-ils.

Les statistiques ethniques sont interdites en France, mais il est possible de compiler des données comme le lieu de naissance des parents ou « le ressenti d’appartenance », relèvent les auteurs.

Mais « les entreprises ne se saisissent pas de ces outils » à cause de « leur croyance erronée dans le fait qu’il serait interdit de collecter des informations sur l’origine » et par « crainte de se voir exposées à un risque juridique ».

« Ce tabou français est lourd de conséquences » et « la levée de cette invisibilité statistique est devenue une nécessité », concluent-ils.

Ils recommandent d' »inciter les entreprises et les administrations à collecter et traiter des informations relatives à l’origine ethnique de leurs employés (…) en concertation avec les organisations syndicales (…) et avec de solides garanties de protection et d’anonymisation des données ».

Ils souhaitent de même que les établissements de l’Enseignement supérieur produisent « un bilan annuel de la diversité de leurs étudiants ».

Le débat sur les statistiques ethniques est récurrent en France. Fin 2012, Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, s’était dit ouvert à des avancées pour « mieux connaître la réalité de notre pays », mais il avait souhaité « plus de temps » pour la réflexion. Depuis, le Premier ministre n’est pas revenu sur le sujet.
 

Source : Dix ans de politiques de diversité : quel bilan ?, Institut Montaigne, rapport, septembre 2014
 

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Dix ans de politiques de diversité: quel bilan ? Institut Montaigne, rapport, septembre 2014

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