Personnes âgées : combien de bénéficiaires de l’APA à l’horizon 2040-2060 ?

Personnes âgées

Selon le scénario intermédiaire privilégié par la Drees, la France métropolitaine compterait 2,3 millions de personnes âgées bénéficiaires de l’APA en 2060.

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) a produit, en septembre, ses « Projections du nombre de bénéficiaires de l’APA en France à l’horizon 2040-2060 ». La Drees a travaillé sur trois hypothèses : un scénario haut, un scénario intermédiaire et un scénario bas, en privilégiant le scénario médian.

D’après ce scénario intermédiaire, le nombre de bénéficiaires de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) pour la France métropolitaine doublerait entre 2010 et 2060. Il passerait donc de 1,15 million en 2010 à 2,3 millions en 2060. Cela correspond, toujours dans le cadre du scénario intermédiaire, à un rythme moyen d’évolution des bénéficiaires APA de + 1,4 % par an sur la période 2010-2060. L’évolution est toutefois contrastée suivant les périodes, selon le portage démographique, précise la Drees. Jusqu’en 2020, l’évolution est assez soutenue, du fait du remplacement aux grands âges (90 ans et plus, où la fréquence de la dépendance est très élevée) des classes creuses de la Première Guerre Mondiale par les cohortes plus nombreuses nées à partir de 1919.

De 2020 à 2030, l’évolution est faible, notamment en raison de l’arrivée aux âges élevés des générations nées au cours des années 1930 et pendant la Seconde guerre mondiale à l’âge de 80 ans, âge où la proportion de bénéficiaires de l’APA devient forte. Puis, vers 2030, jusqu’à 2045, la croissance de l’APA serait plus soutenue. Cette inflexion à la hausse, à partir de 2030, résulte de l’arrivée à l’âge de 80 ans des générations nombreuses issues du baby-boom. Enfin, de 2045 à 2060, la Drees observe un fort ralentissement, à mesure que les générations issues du baby-boom s’éteignent.

La Drees a également effectué des projections sur la France entière à l’horizon 2040. Résultat : les effectifs globaux de la population des bénéficiaires de l’APA pour la France entière à l’horizon 2040 suivent une évolution comparable aux effectifs obtenus pour la France métropolitaine. Plus de 2 millions de personnes seraient dépendantes au sens de l’APA en 2040, d’après le scénario intermédiaire (dont 1,95 million pour la France métropolitaine).
 

Les résultats par sexe

On peut distinguer les résultats des projections France métropolitaine pour les hommes et pour les femmes, explique la Drees. Le nombre de femmes bénéficiant de l’APA est bien supérieur à celui des hommes et leur évolution est plus marquée. En effet, les femmes sont plus souvent dépendantes que les hommes à âge égal et sont plus nombreuses aux âges élevés.
 

Les résultats par niveau de dépendance

Concernant le degré de dépendance, la Drees a considéré que la dépendance lourde (GIR 1 et 2) étant surtout caractéristique de la fin de vie – donc étroitement liée à la mortalité -, celle-ci évoluerait de façon identique pour toutes les hypothèses : en 2060, il y aurait environ 750 000 personnes relevant des GIR 1 et 2. Les différences portent ainsi uniquement sur l’évolution de la dépendance modérée, GIR 3 et 4, qui varient, selon les hypothèses, entre 1 et 2 millions en 2060.
 

Indicateurs synthétiques d’espérances de vie

Quelques indicateurs synthétiques pour la période 2010-2060 permettent de résumer les hypothèses retenues et de les comparer entre elles. Par exemple, dans l’hypothèse basse (1,85 million de bénéficiaires de l’APA à l’horizon 2060), les hommes gagnent 5,3 années d’espérance de vie à 65 ans entre 2010 et 2060 et les femmes 4,9 années, ce qui correspond aux gains d’espérance de vie sans incapacité par construction. Dans les deux autres hypothèses, les gains d’espérance de vie sans incapacité à 65 ans sont inférieurs aux gains d’espérance de vie, impliquant une durée de vie en dépendance plus longue. La part de l’espérance de vie sans incapacité dans l’espérance de vie à 65 ans est par construction constante dans le scénario intermédiaire (soit 92 % pour les hommes et 85 % pour les femmes). Dans l’hypothèse haute (2,7 millions de bénéficiaires de l’APA à l’horizon 2060), les gains d’espérance de vie sans incapacité sont seulement de 4,5 années pour les hommes et 3,5 années pour les femmes, avec cette fois une augmentation de la part des années de vie vécues en dépendance.

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