Le gouvernement promet d’aider les enfants placés à mieux se soigner et à étudier

Protection de l'enfance

Le gouvernement présentera début 2019 une « stratégie de protection de l’enfance » qui comprendra une prise en charge à 100 % des frais de santé des jeunes confiés aux services sociaux, mais également un « accompagnement financier » pour ceux qui envisagent des études longues.

La mesure sur les frais de santé est « une urgence » car « les enfants qui sont pris en charge par l’aide sociale à l’enfance (…) accèdent beaucoup plus difficilement aux soins », a expliqué Agnès Buzyn. La ministre des Solidarités et de la Santé visitait mardi 20 novembre 2018 à Persan (Val-d’Oise) une structure d’accueil de l’association « SOS Villages d’enfants », à l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant.

Chaque mineur pris en charge par l’aide sociale à l’enfance (ASE) doit avoir un « parcours coordonné et pris en charge à 100 % », y compris pour les consultations auprès d’un pédopsychiatre ou d’un psychologue, a précisé Mme Buzyn. Un total de 341 000 mineurs faisaient l’objet d’au moins une mesure de protection de l’enfance fin 2017 en France, en hausse de 4,2 % en un an, selon les derniers chiffres officiels. Plus de la moitié (52 %) étaient placés.

Agnès Buzyn avait annoncé en janvier 2018 sa volonté de présenter une « stratégie nationale de protection de l’enfance et adolescence » pour 2018-2022, attendue au départ en mai 2018. Pour la piloter, la ministre pourrait annoncer bientôt la nomination d’un Haut-commissaire à la protection de l’enfance. Dans son édition de mardi 20 novembre 2018, le quotidien La Croix avance le nom du juge des enfants Édouard Durand qui, interrogé par l’AFP, a indiqué ne pas avoir « d’information à donner » à ce sujet.

« Pour arrêter ça, agissez »

La prise en charge à 100 % par la Sécurité sociale d’un « parcours spécialisé » de soins, notamment pour traiter des « pathologies associées à une vulnérabilité émotionnelle et psychique », répond à une demande de longue date des professionnels concernés, a commenté auprès de l’AFP Michèle Créoff, vice-présidente du Conseil national de la protection de l’enfance (CNPE).

Au-delà de la santé, le gouvernement souhaite améliorer « l’accès aux droits fondamentaux » des enfants et adolescents confiés aux services sociaux, et « notamment l’accès au droit de faire des études », a dit Mme Buzyn. Les jeunes concernés, « sans aucune ressource » à leur majorité, sont poussés vers « des parcours de formation très courts, même lorsqu’ils ont la volonté de faire des études longues. Ils n’ont pas l’accompagnement financier pour s’inscrire dans des études longues. Ça va faire partie de la stratégie », a souligné la ministre.

Par ailleurs, sur le sujet des violences faites aux enfants, qu’il dit vouloir « prendre à bras-le-corps », le ministère des Solidarités a lancé mardi soir une « campagne choc » de sensibilisation, avec un spot qui doit être diffusé juste avant le journal de 20 heures sur France 2 pour inciter le grand public à signaler les cas de maltraitance dont il pourrait avoir connaissance.

« Pour arrêter ça, agissez (…). Enfants en danger : dans le doute, appelez le 119 », proclame cette vidéo, qui ne montre aucune violence, mais laisse entendre les pleurs et les cris parfois glaçants des enfants maltraités, soumis à des violences physiques, psychologiques ou sexuelles.

« Tout le monde doit être vigilant et se sentir en capacité d’agir », a insisté Mme Buzyn

La secrétaire d’État chargée des politiques familiales, Christelle Dubos, a précisé mardi 20 novembre 2018 à l’Assemblée nationale que le gouvernement allait « accentuer très fortement les efforts de prévention » des violences.

Interpellée par la députée (LREM) Perrine Goulet – qui a confié avoir été elle-même une enfant placée – sur les disparités entre départements en matière de prise en charge des mineurs, Mme Dubos a précisé qu’elle souhaitait « travailler avec les départements à une réforme d’ampleur des protections maternelles et infantiles pour développer les ressources que ces dernières consacrent aux visites à domicile ». Selon Mme Dubos, le gouvernement soutiendra par ailleurs la proposition de loi bientôt examinée par les députés, qui vise à interdire les violences dites éducatives, dont la fessée.

Selon des données de l’Observatoire national de l’enfance en danger, les cas de plus de 35 000 enfants ont été signalés en 2015 au numéro « Allô enfance en danger » (le 119), principalement pour des faits de violences physiques et psychologiques.

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