Agnès Buzyn annonce de nouvelles mesures pour des urgences « en surchauffe »

Santé

« Admission directe » pour les personnes âgées et « vidéo-assistance » dans tous les Samu : Agnès Buzyn a dévoilé lundi 2 septembre 2019 une première salve de mesures pour « améliorer la situation » de services d’urgence « en surchauffe », en attendant une deuxième série d’annonces la semaine prochaine.

« On a besoin de trouver une solution de fond, pas juste de soigner le symptôme, cette fièvre ressentie au niveau de l’activité des urgences », a-t-elle déclaré lors d’une visite au CHU de Poitiers.

Depuis bientôt 6 mois, un mouvement de grève inédit s’est étendu à près de la moitié des services d’urgences du secteur public – 233 selon le collectif Inter-Urgences qui en est à l’origine, 195 selon le ministère de la Santé.

En déplacement dans un établissement qui a « fait preuve d’inventivité » pour « lever un peu les tensions », Mme Buzyn a annoncé une batterie de « mesures qui fonctionnent, qui sont consensuelles et remontées du terrain » dans le cadre de la mission confiée en juin au chef du Samu de Paris, Pierre Carli, et au député (LREM) de Charente Thomas Mesnier.

Pour « réduire au maximum les passages des personnes âgées » aux urgences, elle entend ainsi généraliser « des filières d’admission directe », promettant à la clé « une incitation financière, une forme de bonus aux hôpitaux qui les mettront en place ».

La ministre souhaite également développer « une vidéo-assistance entre les Ehpad et le Samu », pour éviter des hospitalisations en cas de « pathologies bénignes ».

Elle entend par ailleurs s’appuyer sur les médecins libéraux : les Samu seront autorisés à envoyer une ambulance vers un cabinet de ville ou une maison de santé, où pourront être réalisés une consultation et certains examens médicaux sans avance de frais, pour que les patients y « trouvent le même avantage qu’à aller aux urgences ».

Les personnels paramédicaux des urgences auront en outre le droit de « faire des gestes qu’ils ne peuvent pas faire aujourd’hui », comme « prescrire de la radiologie ou faire des sutures », ce qui leur permettra de toucher une « prime de coopération » de 80 euros net par mois.

À plus long terme, le nouveau métier d’infirmier de pratique avancée, avec des compétences élargies, sera étendu à la spécialité « urgences », avec de premières formations à partir de l’automne 2020, et de premiers soignants diplômés en 2022.

D’autres annonces suivront la semaine prochaine, a averti Mme Buzyn, qui recevra le 9 septembre « tous les acteurs du secteur », des syndicats et fédérations hospitalières aux représentants des médecins libéraux et du collectif Inter-Urgences.

Sans attendre, plusieurs organisations de médecins hospitaliers ou urgentistes ont toutefois décidé lundi 2 septembre de « rejoindre la mobilisation portée par le collectif » et de participer à son assemblée générale le 10 septembre à Saint-Denis.

« Nous demandons de mettre fin aux restrictions budgétaires », expliquent-elles dans un communiqué, réclamant notamment « un moratoire sur la fermeture de lits » et un « recrutement de personnels à la hauteur des besoins ».

« Il y a une convergence entre le personnels médicaux et paramédicaux », parce que « les difficultés des urgences sont celles de l’hôpital public », mais « ce n’est pas un appel à la grève », a nuancé Jacques Trévidic, président d’Action Praticiens Hôpital (APH), auprès de l’AFP.

« Ça va être aux médecins de se décider », a confirmé Patrick Pelloux, de l’association des médecins urgentistes de France (Amuf), présentant cela comme « un exercice de solidarité avec les personnels pour dire qu’on est avec eux ».

Copyright © AFP : « Tous droits de reproduction et de représentation réservés ». © Agence France-Presse 2019

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Les remous du monde hospitalier de ces derniers mois ne sont nés ni à la suite d’un événement singulier, ni d’une mesure gouvernementale particulièrement impopulaire, ni de revendications portées par un mouvement social aussi soudain qu’imprévisible. Ils couvent depuis longtemps et traduisent des mouvements de fonds puissants : budgets contraints des établissements publics hospitaliers, manque d’attractivité des métiers et des carrières publiques, manque de personnel et, à la fois cause et conséquence, mauvaises conditions de travail et pénibilité.

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