Agnès Buzyn exprime son « soutien » à l’hôpital mais réserve ses annonces

Santé

Face au « malaise de certains professionnels », la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a exprimé mardi 29 mai son « soutien à la communauté hospitalière dans son ensemble », sans lever le voile sur la future réforme du système de santé.

« Je veux affirmer aujourd’hui, devant vous, mon soutien à la communauté hospitalière dans son ensemble et dans sa diversité », a déclaré Mme Buzyn, qui inaugurait le salon Paris Healthcare Week, organisé par la fédération des hôpitaux publics (FHF).

Louant « un sens du service public et un engagement incomparables » des personnels hospitaliers, elle a également assuré qu’elle serait « toujours la première à défendre le travail difficile des directeurs d’établissements ».

Une manière de se rattraper après la polémique suscitée par une déclaration sur les Ehpad (maisons de retraite), où la ministre estimait en décembre que « dans certaines structures publiques, on sent que la capacité managériale n’est pas au rendez-vous ».

« Mes propos ont parfois été mal interprétés. En aucun cas je ne souhaite opposer les directions aux équipes médicales », a-t-elle insisté mardi 29 mai.

Mme Buzyn n’a cependant annoncé aucune mesure concrétisant ce soutien, indiquant que le président de la République Emmanuel Macron, « se prononcera prochainement sur les orientations de l’hôpital et du système de santé de demain ».

Par ailleurs, « les premières orientations » de la réforme du financement des hôpitaux « seront rendues publiques avant l’été pour s’inscrire dans le PLFSS (le budget de la Sécurité sociale) 2019 », a-t-elle ajouté.

Alors que le déficit des établissements publics a dépassé le milliard d’euros l’an dernier, la ministre a estimé que « tout n’est pas qu’une question de moyens ».

Ce qui ne l’a pas empêchée de promettre « d’ores et déjà une accélération de la médicalisation des Ehpad » dont elle détaillera « les modalités précises » mercredi 30 mai.

La question budgétaire reste très sensible pour la FHF, dont le président Frédéric Valletoux a pointé du doigt « les discordances entre le discours et les actes » de l’exécutif.

M. Macron lui-même avait affirmé mi-avril qu’il n’y aurait « pas d’économies sur l’hôpital dans ce quinquennat ».

Pourtant, le budget voté pour 2018 « prévoit 960 millions d’euros d’économies pour les hôpitaux, soit l’équivalent de 20 000 emplois », a relevé M. Valletoux, évoquant aussi une note du ministère de la Santé prévoyant « une économie de 1,2 milliard sur la masse salariale » d’ici 2022.

« Qui croire ? Comment interpréter ces signaux contradictoires ? », a-t-il lancé, réclamant l’ouverture d’une concertation sur la réforme « globale » du système de santé engagée en février par le Premier ministre, Édouard Philippe.

« La concertation va s’ouvrir lorsque nous aurons décliné notre feuille de route, avec je l’espère le discours du président de la République au mois de juin », lui a répondu Mme Buzyn.

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