Centres de santé en région parisienne : « précieux » mais fragiles

Santé

L’Agence régionale de santé (ARS) d’île-de-France a détaillé mercredi son action en faveur des centres de santé, des organismes « précieux » pour l’offre de soins, surtout pour les plus défavorisés mais également fragiles financièrement et présentant un risque de fermeture.

C’est en région parisienne que l’on trouve la plus grande concentration de centres de santé (environ 300), souvent municipaux mais aussi associatifs ou mutualistes, sur un total d’environ 1 500 pour toute la France. Alors que l’offre de soins de premier recours se réduit dans le secteur libéral, notamment la présence de cabinets individuels de médecins dans certains quartiers défavorisés, « les structures d’exercice collectif et notamment les centres de santé constituent l’une des réponses », selon l’ARS-IDF qui vient de publier un rapport en vue d’améliorer l’organisation et la viabilité économique de ces centres.

Cependant, « la situation financière des centres de santé est particulièrement fragile, (…) avec pour une bonne part d’entre eux des déficits chroniques d’exploitation », a expliqué à la presse Pierre Ouanhnon, directeur du pôle ambulatoire à l’ARS-IDF. « On a vu qu’il commençait à y avoir des centres qui périclitaient et donc qu’il existait un risque que certains gestionnaires abandonnent ces centres de santé », a-t-il expliqué. L’ARS, a-t-il précisé, a entrepris dès 2012 une étude approfondie des problèmes financiers sur un échantillon d’une trentaine de centres volontaires, en majorité municipaux, situés dans la « petite couronne » autour de Paris. Il s’agit « d’optimiser les ressources et de diminuer les charges » des centres de santé, et de « créer une dynamique », a indiqué M. Ouanhnon, se défendant de toute démarche ressemblant à un audit ou de nature coercitive.

Une meilleure optimisation des ressources s’impose, selon l’étude, qui a constaté des sous-facturations d’actes, ainsi qu’une mauvaise gestion du tiers-payant accordé à tous les patients des centres. Le coût médian du tiers-payant, en raison notamment d’une mauvaise maîtrise de l’informatisation, revient à 7 euros pour les 30 centres étudiés sur un montant facturé par acte de 28 euros, révèle l’étude. Mais ce coût s’échelonne, selon les cas, de 1 à 22 euros. Il y a aussi des « fortes actions à mener » en matière d’organisation du travail, de gestion des rendez-vous, selon l’étude.

Selon M. Ouanhnon, l’ARS pourrait aider à l’ouverture de nouveaux centres de santé, si des communes s’impliquent dans leur création.

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