Don d’organes : nouvelle campagne pour informer des changements au 1er janvier 2017

Santé

Une campagne nationale sera lancée le 18 novembre pour informer les Français de ce qui change en matière de dons d’organes à partir du 1er janvier, a annoncé mercredi 26 octobre l’Agence de la biomédecine, alors que la législation sur ce sujet est souvent mal connue.

Ces changements, prévus par la loi Santé votée en décembre dernier, prévoient un renforcement du « consentement présumé » au don d’organes tout en ouvrant la voie à d’autres possibilités que le registre national des refus.

Dès l’année prochaine, les personnes qui refusent de donner leurs organes après leur décès pourront s’inscrire en ligne sur le registre national des refus – et non plus seulement par courrier postal, comme actuellement. De plus, elles auront aussi la possibilité d’exprimer leur volonté par un écrit confié à leurs proches, ou même de vive-voix.

« Il y a environ 150 000 inscrits sur le registre des refus », précise le Professeur Olivier Bastien, directeur prélèvement greffe organes-tissus à l’agence de la biomédecine, lors d’une conférence de presse. Ce chiffre a doublé en un an depuis que l’agence communique davantage sur le sujet. Pour faire connaître ces nouvelles modalités, un spot sera diffusé « sur une sélection de radios nationales », sous la forme d’une conversation entre deux amis sur le don d’organes. « Ce spot souligne la méconnaissance de la loi et ce qu’implique le consentement présumé », a expliqué l’Agence de la biomédecine, l’établissement public qui gère la question du prélèvement et de la greffe d’organes.

Une vidéo utilisant « les codes des films d’horreur » sera aussi diffusée sur le web afin de viser les jeunes, « souvent déclencheurs de discussions au sein des familles » sur le sujet. Des affiches seront également diffusées dans la presse écrite et les hôpitaux, pour rappeler que nous sommes tous donneurs d’organes présumés, à moins d’avoir exprimé un refus.

Actuellement, une personne peut signifier son refus de donner ses organes en s’inscrivant sur le registre national des refus mais très peu font cette démarche. Lors du décès d’une personne susceptible de donner ses organes, l’équipe médicale doit interroger ce registre puis, si la personne n’est pas inscrite, interroger les proches pour savoir sa position sur le prélèvement d’organes. La plupart du temps, l’entourage ignore le souhait du défunt et un pourcentage relativement élevé des familles – environ un tiers – le refuse.

Le nombre de greffes effectuées en France progresse, avec 5 746 opérations de ce type effectuées en 2015. Plus de 54 600 personnes vivent ainsi avec un organe greffé dans le pays. Mais en raison de son succès et du vieillissement de la population, la liste nationale des personnes en attente de greffe – une bonne moitié concernant le rein -, ne cesse de croître. Elles sont aujourd’hui 21 464, soit plus du double d’il y a une vingtaine d’années, explique l’Agence de biomédecine.

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