Ebola : le dispositif de prise en charge renforcé dans les hôpitaux parisiens

Santé

Les hôpitaux parisiens vont renforcer leur dispositif de prise en charge et de formation sur Ebola pour répondre aux inquiétudes des personnels soignants et les préparer à l’accueil de malades éventuels, selon une lettre de la direction générale consultée mercredi par l’AFP.

Seuls deux hôpitaux parisiens, Bichat et Necker, figurent parmi les 12 établissements de santé de référence habilités à traiter des cas avérés d’Ebola. Mais tous les autres devront informer les personnels sur « les procédures mises en place pour la gestion de cas suspects », a indiqué Martin Hirsch, le directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), dans une note datée du 16 octobre, adressée aux directeurs de groupes hospitaliers. L’AP-HP détaille ainsi un ensemble de mesures, « conformes aux instructions nationales », destinées en priorité aux personnels des services d’urgences, des maternités et des consultations de maladies infectieuses, « les plus concernés par l’accueil de patients suspects ». Ces services doivent disposer d’au moins deux kits de protection, contenant chacun quatre tenues adaptées à la prise en charge des malades suspects, selon le message d’alerte rapide sanitaire actualisé diffusé par la Direction générale des soins (DGOS) en octobre. « L’état des stocks » de ces tenues de protection « sera régulièrement actualisé », précise Martin Hirsch, ajoutant que « des tenues supplémentaires doivent être disponibles pour la formation ».

« Se pose le problème financier, qui paye ? », s’interroge Didier Choplet, secrétaire général adjoint CFDT AP-HP, contacté par l’AFP. « Pour l’instant l’AP-HP est en train d’acheter du matériel, mais il s’agit de matériel très spécifique » et « cela va peser sur le budget. On demande l’aide de l’Etat », dit le représentant syndical. Selon la DGOS, il est par ailleurs « essentiel » que les personnels à risque « suivent une formation pour maîtriser l’habillage et le déshabillage de la tenue de protection » pour éviter les risque de contagion lors de son retrait. Un plan de formation contenant un volet pratique sur le port des tenues et un autre sur le risque Ebola, doit donc « être poursuivi, complété ou engagé dans chaque hôpital », indique Martin Hirsch. Un « correspondant formation Ebola » devra être désigné au sein des équipes concernées pour aider à la mise en œuvre de ce plan. Cette personne pourra elle-même suivre une formation dans un Centre d’enseignement aux soins d’urgence. Enfin, les agents de l’AP-HP qui souhaitent obtenir des informations sur Ebola peuvent désormais adresser leurs questions à une adresse mail dédiée.

Hormis une infirmière française rapatriée et traitée à l’hôpital d’instruction des armées Bégin à Saint-Mandé, près de Paris, la France n’a recensé aucun cas avéré sur son sol. Des inquiétudes persistent chez les soignants sur l’organisation actuelle pour faire face à France à des cas éventuels d’Ebola, virus qui a déjà fait plus de 4 500 morts.

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