Hélicoptères du Samu : grève « symbolique » des pilotes le 16 juillet

Santé

Un important syndicat de pilotes d’hélicoptères utilisés par le Samu appelle à une grève d’une heure le 16 juillet, pour protester contre une évolution prochaine de la réglementation permettant aux médecins ou infirmiers d’assister le pilote.

Ce projet est « inacceptable pour les pilotes », pour des questions de « sécurité » et de « bon sens », a expliqué à l’AFP Jean Bec, secrétaire général de la branche Samu-Transport public et hélicoptère du SNPNAC, qui revendique la place de premier syndicat aux élections les plus récentes. Il indique avoir envoyé mardi 8 juillet un préavis de grève pour couvrir un arrêt de travail le 16 juillet entre 10H00 et 11H00 : une grève « symbolique » ayant vocation à être une « alerte » adressée « au gouvernement ». « On ne souhaite pas pénaliser les patients qui n’y sont pour rien mais si nous n’avions pas de rendez-vous rapide (avec le gouvernement, NDLR), bien entendu, on durcira le mouvement », prévient M. Bec.

La réglementation européenne va rendre obligatoire à compter du 28 octobre 2014 un second membre d’équipage pour certaines missions d’urgence lors de conditions météo dégradées. Celui-ci ne sera pas nécessairement pilote : il pourra s’agir d’un employé de l’entreprise de transport ou d’un membre de l’équipe médicale ayant reçu une formation particulière. Actuellement, il n’y a pas d’assistant technique dans les hélicoptères du Samu et « le système fonctionne très bien », affirme le syndicat, favorable au statut quo. Il accuse les ministères de la Santé et des Transports de « détourner l’esprit du texte européen » sur le transport sanitaire pour « faire des économies minimes ». Pour SNPNAC, « il faut une personne dédiée, dont c’est le métier principal » et dont « la qualification est contrôlée par l’État comme le prévoit le code de l’aviation civile pour toutes les personnes ayant la responsabilité de la conduite de l’aéronef ». Les médecins eux-mêmes attendent des précisions. « À terme, il est hors de question que ce soit un membre du SMUR », estime François Braun, président du Samu-Urgences de France, qui souligne que ses équipes aident « déjà » les pilotes à contrôler la bonne visibilité lors de l’atterrissage et le décollage.

Interrogée par l’AFP, la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) dit ne pas avoir « identifié de raison de sécurité qui justifierait de devoir s’écarter des dispositions prévues par le règlement européen ». Selon l’Aviation civile, environ 45 hélicoptères opèrent dans les hôpitaux, où leur principale fonction est d’acheminer les malades. Ils sont exploités principalement par cinq compagnies (INAER, SAF, MBH, Hélicoptères de France et NHV), qui emploient entre 150 et 200 pilotes, selon les données recueillies auprès de la DGAC et du SNPNAC. Entre 20 et 25 000 malades sont transportés chaque année par le Samu héliporté.

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