Implants mammaires: Jean-Claude Mas, fondateur de PIP, interpellé dans le Var

Santé

Le fondateur de la société de prothèses mammaires PIP (Poly Implant Prothèse) Jean-Claude Mas, au cœur d’un scandale sanitaire mondial, a été interpellé jeudi matin dans le Var dans le cadre d’une information pour « homicide et blessures involontaires ».

« Jean-Claude Mas a été interpellé à 7h et placé en garde à vue, sur commission rogatoire de la juge d’instruction Annaïck Le Goff » du pôle santé du parquet, a confirmé à l’AFP le procureur de la République de Marseille, Jacques Dallest. Cette arrestation s’est produite dans le cadre de l’information judiciaire ouverte en décembre par le parquet de Marseille pour « homicide et blessures involontaires », a précisé M. Dallest, ajoutant que la garde à vue pouvait durer jusqu’à 48 heures.

Selon une source proche de l’enquête, M. Mas, 72 ans, a été interpellé au domicile de sa compagne, à Six-Fours, par les gendarmes de la section de recherches de Marseille et l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et la santé publique (Oclaesp). Le procureur a également confirmé l’interpellation de Claude Couty, ancien directeur financier devenu directeur général puis président du directoire de PIP qui, selon une source proche du dossier, est intervenue à La Seyne-sur-Mer (Var). Des perquisitions, en particulier chez la compagne de M. Mas, où se trouveraient des œuvres d’art de valeur, étaient en cours jeudi matin, « afin de saisir d’éventuelles pièces à conviction », a également confirmé M. Dallest.

Un technicien en investigation criminelle (TIC) est attendu sur place. Les deux anciens responsables de PIP devaient ensuite être directement transférés chez la juge, selon la même source. Jean-Claude Mas, qui n’a pas fait d’apparition publique depuis que le scandale a éclaté, a fondé en 1991 PIP, entreprise dont le siège était à La Seyne-sur-Mer et qui est en faillite depuis 2010. Il a admis avoir produit un gel de silicone non homologué mais a réfuté tout danger. « Je savais que ce gel n’était pas homologué, mais je l’ai sciemment fait car le gel PIP était moins cher (…) et de bien meilleure qualité », avait expliqué M. Mas en octobre aux gendarmes, selon un procès-verbal d’audition dont l’AFP avait eu copie.

Me Philippe Courtois, avocat de l’association des Porteuses de Prothèses PIP (PPP), s’est félicité de l’interpellation de M. Mas. « C’est la mise en marche normale qui aurait pu être faite depuis le début de l’année. Rien ne l’empêchait aujourd’hui de quitter le territoire, il ne se sentait pas inquiété par la justice », a-t-il souligné. « Maintenant, on n’attend pas grand chose de son audition dans la mesure où il s’est déjà exprimé avec des propos outrageants vis-à-vis de l’ensemble des victimes », a-t-il ajouté. La présidente de l’association PPP, Alexandra Blachère, doit se rendre vendredi chez la juge. Une autre plaignante, Murielle Ajello, présidente du Mouvement de défense des femmes porteuses d’implants et de prothèses (MDFPIP), devait quant à elle être entendue dès ce jeudi, a-t-elle précisé à l’AFP.

A ce stade, plus de 2.500 plaintes ont été reçues. De 400.000 à 500.000 femmes seraient porteuses d’implants PIP dans le monde, ce qui a donné un caractère international à ce scandale sanitaire. En France, 20 cas de cancers, dont 16 du sein, ont été enregistrés chez des porteuses d’implants PIP sans qu’un lien de causalité ne soit établi. Face aux risques de ruptures et d’irritations présentés par ces prothèses, les autorités ont recommandé aux 30.000 femmes concernées de se faire retirer ces implants. Dans cette affaire, un autre volet est consacré à l’aspect « tromperie aggravée ». Une enquête préliminaire, close depuis octobre 2011, devrait donner lieu à un procès correctionnel d’ici fin 2012. C’est dans ce cadre que Jean-Claude Mas et Claude Couty ont déjà été entendus.

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