Inclure davantage les futurs et jeunes médecins dans les politiques de santé

Santé

Inclure davantage les futurs et jeunes médecins dans les politiques de santé pour mieux répondre aux besoins grandissants de la population : c’est ce que propose le cercle de réflexion Terra Nova dans une note publiée lundi 8 janvier.

Le think tank, classé à gauche, suggère ainsi de permettre aux organisations de jeunes médecins, d’étudiants ou encore d’internes de participer aux négociations conventionnelles avec l’Assurance maladie, actuellement réservées à leurs aînés via leurs syndicats représentatifs. Les jeunes médecins, qui doivent souvent attendre quelques années avant de s’installer à leur compte, ne peuvent pas prendre part aux élections pour choisir leurs représentants aux négociations.

Adoptée en 2016, la dernière convention médicale – qui régit pour cinq ans les relations entre les médecins libéraux et la Sécurité sociale et fixe leurs tarifs – est loin d’avoir satisfait la nouvelle génération à qui elle s’appliquera pourtant, rappelle Terra Nova.

Dans un communiqué commun, les syndicats d’étudiants en médecine, d’internes, de médecins remplaçants ou encore de jeunes généralistes avaient à l’époque fustigé « un fossé de plus en plus béant entre des médecins bientôt retraités et une nouvelle génération qui ne se reconnaît plus » dans des modes d’exercice dépassés.

Les discussions s’étaient focalisées sur le tarif des consultations, souligne Terra Nova, alors que les jeunes médecins plébiscitent de plus en plus le travail en équipe dans des maisons de santé, l’exercice mixte (salarié et libéral), le partage des tâches, la diversification des rémunérations en plus du simple paiement à l’acte ou encore une vie familiale équilibrée.

Pour garantir la représentation des jeunes médecins et mieux répondre à leurs aspirations, il faudrait par exemple étendre le « droit de participation aux élections » professionnelles (qui déterminent la représentativité des syndicats conviés aux négociations) aux médecins remplaçants et à tous les praticiens dans leurs dix premières années, y compris ceux qui sont salariés, ou encore créer « un collège spécifique » aux futurs et jeunes médecins au sein des unions régionales des professionnels de santé.

Pour favoriser l’installation dans les déserts médicaux, le think tank suggère par ailleurs de revoir le modèle des incitations financières.

Plutôt que de multiplier ces dernières, des « cabinets totalement organisés, si possibles regroupés » pourraient être mis à disposition des jeunes praticiens, souvent freinés par les lourdeurs administratives. Ce type « d’apports en nature » reposerait sur une « action coordonnée de l’État, de l’Assurance maladie, des collectivités territoriales et des mutuelles », les rémunérations restant réservées à l’exercice médical.

Source : « Médecine de ville : le pari de la jeunesse », Terra Nova, 8 janvier 2018

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