La Saône-et-Loire veut ouvrir un centre de santé départemental, une première

Santé

La Saône-et-Loire souhaite « fonctionnariser » des médecins généralistes pour lutter contre la désertification médicale dans le cadre d’un centre de santé départemental et « multi-sites », une première en France.

Le rapport d’intention présenté jeudi 22 juin par le président du conseil départemental, André Accary (LR), lors d’une assemblée plénière de la collectivité, prévoit de recruter et de salarier une trentaine de praticiens sur les secteurs les plus en manque.

Le département leur proposera un contrat de 35 heures sous le statut de fonctionnaire territorial et mettra des locaux à leur disposition. En tant que salariés, ils seront déchargés des tâches administratives, qui absorbent jusqu’à 30 % du temps de travail des libéraux, selon l’Ordre des médecins.

« L’objectif est que nos médecins départementaux n’aient à faire que ce pour quoi ils ont été formés, c’est-à-dire uniquement la consultation médicale », souligne André Accary.

Un concept jugé « innovant et intéressant » par le Dr Gérard Montagnon, président du conseil départemental de l’Ordre des médecins, face à la détresse des patients due au déficit de généralistes qui touche le territoire.

« En Saône-et-Loire, 30 % des médecins généralistes ont plus de 60 ans. Dans peu de temps, les difficultés vont encore s’aggraver », prévient-il.

Ce type de dispositif existe déjà dans plusieurs communes en France, par exemple à la Ferté-Bernard dans la Sarthe dont le centre de santé municipal a ouvert dès 2011. Mais c’est la première fois qu’il sera expérimenté à l’échelle départementale, avec la particularité d’être un centre de santé « multi-sites ».

« Les médecins aspirent aujourd’hui à travailler différemment, avoir une vie plus équilibrée avec du temps social et familial. Ce dispositif vise à rendre notre territoire attractif par rapport à ces aspirations », explique M. Accary.

Prochaine étape prévue par le département : mettre tous les acteurs autour de la table (élus locaux, médecins, organismes de santé, etc.) afin de définir précisément les contours du projet et de commencer le recrutement des médecins à l’automne, pour une ouverture du centre début 2018.

« Je souhaite apporter une offre complémentaire à celle des médecins libéraux en attendant que nos gouvernants prennent de vraies dispositions pour une couverture médicale digne de ce nom en France », conclut le président du conseil départemental.

D’autres départements ont lancé des initiatives pour renforcer l’offre de santé dans les zones délaissées de leur territoire selon l’Assemblée des départements de France, à l’instar de l’Allier, de la Charente-Maritime ou du Gers qui proposent des bourses d’études ou des aides financières à l’installation.

 

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