Le CHU de Toulouse présente son hôpital mobile, une réanimation « dépliable »

Santé

« Ça va Antoine, t’es bien ? On va pratiquer une intubation », demande Vincent Bounes, chef du SAMU de Haute-Garonne, à un patient, figurant d’un jour, lors de la présentation lundi 9 novembre 2020 du nouvel hôpital mobile initié par le CHU de Toulouse.

L’unité mobile polyvalente Europe Occitanie (UMPEO), un prototype financé par le Fonds Européen de Développement Régional (FEDER) dans le cadre du programme entre la France et l’Espagne et présenté comme « unique en Europe », va être déployé lundi 9 novembre à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) afin de renforcer les urgences sur place dans le cadre de l’épidémie de Covid-19.

« Il n’était pas prévu pour le Covid à la base. On va le déployer à Bayonne, où il y a beaucoup de patients, des difficultés au niveau des lits. Il sera opérationnel dès demain », précise M. Bounes. Il pourra ensuite être utilisé dans le sud-ouest de la France, les provinces frontalières espagnoles et la principauté d’Andorre.

Lors de la démonstration, des brancards sont disséminés tout autour du conteneur de six mètres de long, entièrement en aluminium, pouvant être opérationnel en 45 minutes montre en main. 

Une structure en accordéon est déployée sur une glissière au sol pour former la structure qui, une fois assemblée, peut accueillir jusqu’à 18 patients, dont huit en urgence absolue.

« On a commencé à réfléchir à créer un hôpital mobile après les attentats de Barcelone (2017). La plupart des hôpitaux de campagne sont des structures lourdes, déployables en 24-48 heures », explique le chef du SAMU du 31.
 
« L’avantage ici, c’est un hôpital entièrement autonome, avec tout le matériel médical, une salle de soins, des réserves de médicaments, d’oxygène, un réseau satellitaire », poursuit-il.

Cette structure permet d’améliorer la gestion des flux de patients et d’augmenter, temporairement, la capacité d’accueil de patients Covid-19.
 
« On est équipé de respirateurs permettant de prendre en charge des patients Covid plus, quel que soit son état de gravité, avec un scope pour surveiller la fréquence cardiaque, la pression artérielle », indique Mohamed Nekkaz, urgentiste de 36 ans.

Le projet a été confié à l’entreprise française Cegelec Défense, filiale de Vinci Énergies, dont la structure mobile est principalement utilisée par l’armée française. 

« Il s’agit du premier prototype civil. Vincent Bounes voulait construire un hôpital mobile pour répondre à des situations de catastrophes, dans le cadre du Centre de réponse à la catastrophe (CRC) », se souvient Frédéric Tribet, chef d’entreprise à Cegelec Défense.
 
« On avait initié ce projet là avant le Covid, forcément l’épidémie a accéléré les choses. Il est sorti des ateliers le 4 septembre. Cinq jours plus tard, il était réquisitionné par le préfet de Haute-Garonne pour servir d’unité mobile de dépistage. »  

Copyright © AFP : « Tous droits de reproduction et de représentation réservés ». © Agence France-Presse 2020

Posté le par

Recommander cet article