Le cri d’alarme du personnel sur la situation aux urgences du CHU de Limoges

Santé

Manque de moyens et d’effectifs, « conditions d’hébergement et d’hygiène déplorables et inhumaines » dans un service asphyxié…, le personnel médical des urgences du CHU de Limoges a annoncé mercredi 12 novembre avoir alerté les autorités sanitaires.

Dans une lettre adressée au maire de Limoges, Emile-Roger Lombertie, au président du conseil de surveillance du CHU et député européen, Jean-Paul Denanot, ainsi qu’à l’Agence Régionale de la Santé (ARS), le personnel déplore une « situation qui se dégrade depuis plusieurs mois » et qui a abouti, le 20 octobre, à la démission du chef des urgences de ses fonctions administratives. Depuis lors, au moins trois responsables d’unité ont à leur tour démissionné de leurs fonctions administratives dans ce service, qui compte en moyenne 50 000 admissions par an.

Pour les signataires, le fonctionnement actuel des urgences du Centre hospitalier universitaire (CHU) « met en danger la vie des patients dans des conditions d’hébergement et d’hygiène déplorables et inhumaines« . En cause, selon eux, une sur-fréquentation engendrée par le passage de patients qui ne relèvent pas fondamentalement d’une urgence médicale – au moins 40 % -, associée à un manque de lits et de personnels. C’est d’ailleurs la suppression d’un poste de garde de nuit dans la partie ambulatoire des urgences qui a déclenché cette crise au sein du CHU. « Il s’agit d’un problème récurrent qui se produit depuis plusieurs années à l’entrée de l’hiver et qui n’est pas propre à Limoges », tempère, tout en disant comprendre ses collègues, le Pr Alain Vergnenègre qui préside la commission médicale d’établissement, interrogé par une correspondante de l’AFP.

« Lorsqu’un patient adressé aux urgences a été pris en charge et diagnostiqué, il devrait pouvoir rejoindre très rapidement le service ou l’établissement vers lequel le médecin urgentiste l’a orienté. Or, pendant la période hivernale, il y reste souvent trop longtemps, ce qui contribue à asphyxier tout le circuit », explique-t-il, soulignant que les médecins démissionnaires ont quitté leurs fonctions administratives mais « pas leurs fonctions de soins ».

Confirmant avoir reçu la lettre du personnel, Jean-Paul Denanot estime que « Limoges est victime des mêmes phénomènes que ceux que l’on voit ailleurs », auxquels s’ajoute selon lui un problème de places lié à des travaux de rénovation en cours. Le président du conseil de surveillance du CHU assure toutefois avoir attiré l’attention du ministère de la Santé sur la situation de l’établissement.

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