Levée de boucliers après la mise à l’écart du chef des urgences de l’hôpital Hôtel-Dieu

Santé

La mise à l’écart d’un médecin de l’Hôtel-Dieu en pointe dans la lutte contre la fermeture du service des urgences de l’hôpital a suscité mardi un tollé politique et syndical, mais son chef de service a évoqué une sanction « temporaire ».

Le Dr Gérald Kierzek a été démis de sa responsabilité de chef du service médical d’urgence et de réanimation (SMUR) en raison, selon lui, de son activisme contre la fermeture des urgences de l’Hôtel-Dieu. Cette décision est un nouvel épisode de la tension qui règne autour de la fermeture, prévue le 4 novembre, des urgences de cet hôpital historique, situé près de la cathédrale Notre-Dame. La remise aux normes de ce service serait trop coûteuse, selon la direction de l’AP-HP qui veut transformer l’Hôtel-Dieu en hôpital universitaire et y transférer le siège du groupe hospitalier.

Plusieurs syndicats, dont la CGT, et des urgentistes sont opposés à cette fermeture. « C’est une décision de chef de service, purement organisationnelle et c’est une décision temporaire », a déclaré à l’AFP le Pr Bertrand Renaud, chef de service du Dr Kierzek, à propos de la mise à l’écart. « Je n’ai pas souhaité l’évincer de l’Hôtel-Dieu. Les reproches que je lui fais ne sont pas médicaux mais en termes d’organisation », a-t-il précisé, reconnaissant toutefois que sa décision puisse être interprétée différemment. Dans la lettre qu’il a adressée à l’urgentiste et dont l’AFP a obtenu copie, le Pr Renaud lui rappelle ses « obligations de réserve, de loyauté et de discrétion professionnelle, telles que stipulées dans la charte de fonctionnement que je vous avais demandé de signer ».

La décision prise à l’encontre du médecin a entraîné une levée de boucliers chez les politiques, d’autant que la fermeture du service des urgences est devenue un enjeu électoral dans le cadre des élections municipales à Paris l’an prochain. Le Front de gauche et l’UMP ont exigé mardi son rétablissement dans ses fonctions, alors que le maire PS du IVe arrondissement, Christophe Girard, a souhaité des « explications » de la direction de l’AP-HP. Le maire EELV du IIe a dénoncé sur Twitter une « étrange et scandaleuse conception du dialogue social ». « C’est avec consternation et indignation que nous apprenons le limogeage inadmissible du docteur Gérald Kierzek », a réagi dans un communiqué le directeur de campagne de la candidate UMP à la mairie de Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet. « Après avoir accusé pendant dix ans le gouvernement précédent de vouloir fermer et vendre l’Hôtel-Dieu, l’équipe sortante organise désormais son démantèlement », a-t-il ajouté. « Cette décision est stupéfiante. Elle en dit long sur la fébrilité de la direction de l’AP-HP qui manque cruellement d’arguments pour justifier son projet de fermeture des urgences », a de son côté réagi le président du groupe PCF-PG, Ian Brossat, réclamant la réintégration de l’urgentiste. Côté syndicat, la CGT a dénoncé « cette décision inique médico-administrative ».

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