L’Isnar-IMG demande une application sans délai des avancées sur le temps de travail des internes

Santé

HOSPIMEDIA – Tandis que le SNJMG s’associe au préavis de grève déposé par l’Isni pour le 17 novembre pour protester contre les propositions du ministère sur le temps de travail des internes, l’Isnar-IMG réserve pour l’heure sa décision sur cette mobilisation. Elle réclame l’application « sans délai et concrète des avancées déjà promises » dans ce dossier.

À la suite d’une réunion qui s’est tenue le 16 octobre au ministère des Affaires sociales et de la Santé dans le cadre de la réforme du temps de travail des internes, l’Intersyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale (Isnar-IMG) « réclame une mise en place rapide et concrète des avancées promises », dans un communiqué du 17 octobre. Alors que l’Intersyndicat national des internes (Isni) a déposé un préavis de grève pour le 17 novembre à la suite de cette rencontre « non concluante » avec la DGOS et sa « proposition de texte inapplicable et dangereuse pour les internes », l’Isnar-IMG n’a pour sa part pas encore pris position sur les suites à donner en termes d’éventuelles mobilisations, explique à Hospimedia son président, Pierre-Antoine Moinard. Ce point figure à l’ordre du jour du prochain conseil d’administration (CA) de l’intersyndicale (24 au 26 octobre), précise-t-il, ne souhaitant pas préjuger de ce que décideront les administrateurs. Il relève que « la méthode de l’Isni est de mettre la pression », ce qui est « le jeu syndical », mais souligne qu’à l’heure actuelle l’Isnar-IMG « veut croire en l’amélioration concrète des conditions de travail, avec l’application sans délai des avancées déjà promises ». Il regrette d’ailleurs que la réforme ne puisse de facto pas s’appliquer à la prochaine promotion d’internes qui rentre en stage début novembre. Il rappelle aussi les trop nombreux mois passés par les internes à attendre que la réglementation qui s’applique à leur temps de travail hebdomadaire soit « enfin » en conformité avec le droit européen.

Des avancées certaines mais qui tardent à être publiées

L’Isnar-IMG voit dans certaines évolutions proposées par le ministère une amélioration du quotidien des internes (temps en stage diminué d’une demi-journée par semaine, formation universitaire et personnelle, sanctuarisée, astreintes décomptées dans le temps de travail et « enfin » un repos de sécurité, etc.). Alors que, pour la première fois, les autorités européennes ont demandé à ce qu’un temps de pause soit prévu officiellement, l’Isnar-IMG indique que cette mesure, « établie à quinze minutes par demi-journée », reste malgré tout « anecdotique dans ce dossier » et « déconnectée de la réalité du terrain ». « Il est aujourd’hui urgent de passer à la phase d’application concrète des mesures annoncées sur le temps de travail », poursuit l’Isnar-IMG, soulignant que les revendications portant uniquement sur le samedi matin ou les quinze minutes de pause par demi-journée ne résoudront pas la problématique globale du temps de travail des internes. Enfin, l’Intersyndicale sera attentive « à la mise en place de sanctions crédibles à l’encontre des établissements récalcitrants et formulerons des propositions en ce sens ».

Le SNJMG appuiera le mouvement de grève

Par ailleurs, le Syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG) a pris connaissance des positions « intransigeantes, voire insultantes », du ministère à la suite de sa mise en demeure par la Commission européenne de ramener le temps de travail des internes à 48 heures hebdomadaires maximum. Sur la forme, « la DGOS a fait le choix illégal et illégitime de n’auditionner sur ce sujet que les intersyndicales, fédérations de structures locales syndicales et associatives, malgré l’engagement donné en novembre 2012 », dénonce le SNJMG. Il fait valoir que sa représentativité repose sur les « adhésions directes et volontaires de centaines d’internes en médecine générale, sur une expertise syndicale établie de longue date et sur une indépendance réelle vis-à-vis des institutions ». Et devant « l’actuelle situation de blocage et d’absence de dialogue », le SNJMG a décidé dès aujourd’hui pour sa part de s’associer au préavis de grève déjà déposé par l’Isni.

Caroline Cordier

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