Maltraitance des enfants : la HAS veut aider les médecins à détecter et signaler

Santé

Détecter les signes, savoir où s’adresser. La Haute Autorité de Santé (HAS) a publié lundi 17 novembre des recommandations pratiques visant à aider les médecins à mieux détecter et signaler les cas de maltraitance d’enfants.

Il s’agit d' »un sujet de santé publique majeur en raison de la fréquence de ce problème. Et les professionnels de santé ne jouent pas assez leur rôle », a souligné le Professeur Jean-Luc Harousseau, président du collège de la HAS, lors d’une conférence de presse organisée à quelques jours de l’anniversaire, le 20 novembre, de la Convention des Droits de l’enfant des Nations-Unies. Ce « drame de l’ombre », qui touche toutes les classes sociales, est « très largement sous-estimé » et « on peut craindre qu’on passe à côté de 90 % des maltraitances sur enfants« , selon Cédric Grouchka, membre du collège de la HAS.

Parce qu’ils sont en contact réguliers avec les enfants dès leur plus jeune âge, les médecins sont très bien placés pour détecter un cas de maltraitance et le signaler aux autorités compétentes. Pourtant, « 5 % seulement des signalements » proviennent des professionnels de santé. Les « freins » au signalement sont multiples et sont notamment imputables au manque de formation, à la crainte d’un signalement abusif, au manque de confiance dans les services sociaux.

Présenté par la HAS comme « le 1er outil de ce genre », le mémo de recommandations, consultable sur son site internet, explique aux médecins les lésions et signes comportementaux qui doivent les alerter, et la marche à suivre en cas de suspicions. « Le secret médical ne s’applique pas en cas de sévices sur mineurs« , a souligné le Dr Grouchka. En revanche, la non-assistance à personne en danger et la non-dénonciation de crimes sont sévèrement punies ». L’Odas (Observatoire de la protection de l’enfance en danger) recensait, en 2006, 77 500 cas connus d’enfants de moins de 15 ans en danger.

Une étude menée par la pédiatre Anne Tursz, directrice de recherche à l’Inserm et présidente du groupe de travail de la HAS, a estimé à 250 par an en moyenne (sur 1996-2000) les homicides d’enfants de moins d’un an, comparé à 17 selon les statistiques officielles.

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