Mobilisation en Auvergne-Rhône-Alpes pour généraliser le carnet de vaccination électronique

Santé

Un « enjeu de santé publique » rappelé par le récent décès d’une jeune femme victime de la rougeole : les unions de médecins, pharmaciens et associations d’usagers d’Auvergne-Rhône-Alpes se mobilisent pour améliorer la couverture vaccinale et généraliser le carnet de vaccination électronique (CVE).

« Si cette patiente de 32 ans, décédée de la rougeole à Poitiers en février, avait eu un CVE, on aurait évité un décès ! Il y a une vraie action à mener », a assuré jeudi 22 mars lors d’une conférence de presse à Lyon le Docteur Pierre-Jean Ternamian, président de l’Union Régionale des Professionnels de Santé (URPS) médecins libéraux Auvergne-Rhône-Alpes.

« On est dans le flou, on ne sait pas quel est le degré de couverture vaccinale et qui est vacciné, alors que l’épidémie de rougeole s’étend en France ; l’enjeu du CVE, c’est de répondre à ça », a-t-il ajouté.

« Dans 95 % des cas, l’historique vaccinal des patients n’est pas disponible. Avec cet outil, on aura une meilleure vaccination et on évitera les vaccins inutiles », a renchéri le Professeur Jean-Louis Koeck, fondateur du site mesvaccins.net.

Auvergne-Rhône-Alpes a été l’une des cinq régions françaises – avec l’Aquitaine, l’Île-de-France, la Bourgogne-Franche-Comté et La Réunion – à expérimenter, du printemps 2016 à fin 2017, le CVE, destiné à remplacer le carnet de vaccination papier, « souvent illisible », « incomplet » et que l’on égare avec le temps. Près de 450 000 CVE ont ainsi été ouverts, selon le Dr Ternamian.

Dans un rapport publié le 7 février, la Cour des comptes a recommandé de le « généraliser » pour disposer d’un « outil informatisé de suivi du statut vaccinal ».

La décision ministérielle tardant à venir, l’URPS médecins libéraux et l’URPS pharmaciens d’Auvergne-Rhône-Alpes ont donc « décidé de généraliser » sans attendre le CVE dans la région, en développant une version mobile sécurisée. Soit un investissement de 120 000 euros annuel pendant cinq ans sur leurs fonds propres.

« Ce n’est pas une obligation vaccinale, mais un outil qu’on offre aux patients pour se protéger et pouvoir discuter avec les professionnels de santé », a souligné le Dr Ternamian selon lequel le pharmacien pourra ainsi scanner le code, le nom et la date d’expiration du vaccin, « ce qui permettra d’améliorer la pharmacovigilance ». Objectif d’ici fin 2018 : plus de 500 000 carnets.

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