Papillomavirus : une haute instance propose la vaccination en milieu scolaire

Santé

La vaccination contre les papillomavirus (HPV), responsables de la plupart des cancers du col de l’utérus, devrait être proposée en milieu scolaire et éventuellement dès l’âge de 9 ans, a estimé une haute instance sanitaire française.

Invité par la Direction Générale de la Santé (DGS) à donner son avis sur ce vaccin qui continue à susciter des polémiques, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) s’est montré très rassurant tant sur la question de sa sécurité que de son efficacité. « Les données internationales démontrent en situation réelle une efficacité vaccinale sur la prévalence des infections à papillomavirus, l’incidence des condylomes et des lésions pré-cancéreuses (grade B) », note le HCSP dans son avis.

Il ajoute également que les données de pharmacovigilance disponibles avec un recul d’utilisation de plus de sept ans et plus de 170 millions de doses délivrées dans le monde (dont 5,8 millions en France) « ne permettent pas de retenir l’existence d’un lien de causalité entre cette vaccination et les évènements indésirables graves qui lui ont été attribués en France, notamment la sclérose en plaques et d’autres maladies auto-immunes ». « Ces croyances entretenues par certains médecins et fortement relayées par les médias ont suscité une défiance tout à fait injustifiée vis-à-vis de cette vaccination », relève le HSCP qui souligne que les maladies auto-immunes « se révèlent avec une grande fréquence à l’adolescence ».

En baisse en France

Alors que la couverture vaccinale contre les papillomavirus a augmenté dans de nombreux autres pays, elle est en baisse en France depuis 2010 : en 2011 ans, 27 % des jeunes filles de 16 ans avaient reçu une vaccination complète, mais elles n’étaient plus que 20 % en 2013. La vaccination est pour l’instant recommandée en France chez les jeunes filles âgées de 11 à 14 ans, avec un rattrapage jusqu’à 19 ans révolus. Mais le HSCP estime que la faible couverture vaccinale « ne permet pas de bénéficier de l’efficacité constatée dans d’autres pays » et  propose en conséquence une « offre vaccinale en milieu scolaire », à l’instar de celle mise en place au Royaume-Uni et en Australie. Il n’exclut pas non plus de recommander l’abaissement de 11 ans à 9 ans de l’âge de la vaccination « si cette mesure était susceptible de favoriser la mise en place d’un tel programme ».

Le HCSP réitère également la nécessité de mettre en œuvre un programme national de dépistage organisé des cancers du col de l’utérus dans la mesure où la vaccination ne protège pas contre tous les types de papillomavirus à l’origine de ces cancers. Vaccinées ou non, les femmes âgées de 25 à 65 ans sont pour l’instant invitées à faire des frottis de dépistage des lésions du col de l’utérus tous les trois ans. Ce dépistage individuel est effectué par environ 60% des femmes concernées, mais connaît de fortes disparités territoriales et socio-économiques, les femmes sans diplôme ou disposant d’un faible revenu étant moins susceptibles de se faire dépister. Le cancer du col de l’utérus est à l’origine d’un peu plus d’un millier de décès par an.

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