Saône-et-Loire : face au désert médical, le premier centre de santé départemental en France

Santé

On ne peut pas manquer sa façade jaune et ses volets bleus : pour lutter contre la désertification médicale, la Saône-et-Loire a inauguré jeudi 25 janvier en plein centre de Digoin, ville de quelque 8 000 habitants, le premier site de son centre de santé départemental.

Trois autres ouvriront dans les semaines à venir, à Autun, Chalon-sur-Saône et Montceau-les-Mines, pour compléter le dispositif. Une première en France, dans un département qui compte 110 médecins généralistes pour 100 000 habitants, contre 132 en moyenne dans le pays.

Matériel médical, magazines et jouets d’enfants, coin accueil : à l’intérieur du bâtiment, tout est prêt pour accueillir, à partir du 6 février, patients et professionnels.

Dix médecins généralistes ont été embauchés en décembre par le département, sous contrats de 35 heures par semaine annualisées, pour une rémunération mensuelle entre 4 500 et 6 000 euros net. Ils seront répartis sur les 4 sites du centre de santé.

Certains sont de jeunes médecins, d’autres sont plus expérimentés, mais fatigués d’exercer en libéral. « Je vais diviser mon temps de travail par deux. Je suis très fier de participer à ce projet novateur », se félicite notamment André Buttner, 61 ans, qui était jusqu’ici médecin rural dans l’Yonne.

Le Dr Gérard Delafond, médecin généraliste à Paris, aspire quant à lui à plus de sérénité. »Je souhaite faire moins de comptabilité et me recentrer sur les soins médicaux ».

« C’est un vrai signe d’espoir. Sur Digoin et ses environs, soit un bassin de 14 000 habitants, nous sommes dans une situation dramatique, il nous reste 4 médecins », a indiqué le maire Fabien Genet.

La communauté de communes du Grand Charolais met gratuitement à disposition du département ces locaux qu’elle a rénovés et qu’elle loue auprès d’un bailleur privé.

Pour le président du conseil départemental, André Accary, ce centre « ne vient pas en concurrence avec la médecine libérale, au contraire. On souhaite la soulager en apportant une offre complémentaire ».

Le budget de départ s’élève à 2 millions d’euros pour « mettre en route la machine. (…) Le modèle économique prévoit un autofinancement d’ici trois ans », selon M. Accary.

D’ici fin 2018, le département espère recruter une trentaine de praticiens au total.

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