Une infirmière agressée en Gironde : les syndicats dénoncent un manque d’effectifs

Santé

Des syndicats ont dénoncé vendredi une « insécurité croissante du personnel et des patients » liée à des problèmes d’effectif à l’hôpital psychiatrique de Cadillac (Gironde), spécialisé dans l’accueil de patients dangereux, après l’agression le 31 décembre d’une infirmière.

Une infirmière de 51 ans d’une unité pour malades difficiles (UMD) a été violemment agressée avec un pichet en fer blanc par un patient massif, de quelque 110 kilos, lors d’un moment « convivial » réunissant soignants et patients pour un repas de réveillon, a-t-on indiqué de source syndicale, confirmant une information de Sud Ouest. L’homme a été stoppé et déséquilibré d’abord grâce à l’intervention d’un patient, puis rapidement d’infirmiers qui l’ont maîtrisé. L’infirmière a été opérée à Bordeaux pour un traumatisme facial, une fracture du nez et de l’orbite, et blessée au doigt, mais ses jours ne sont pas en danger, a-t-on précisé de même source.

Pour Laurent Messier, infirmier à Cadillac et syndiqué SUD-Santé, l’agression est liée à une « pression sur les effectifs » depuis juillet 2012, qui a vu les unités perdre un infirmier par tranche horaire. « On a alerté la direction sur un accroissement de l’insécurité pour les patients et le personnel. Le personnel se sent moins en sécurité et du coup travaille moins bien, n’a plus ce petit plus thérapeutique », a-t-il encore déclaré à l’AFP. Pour le syndicat FO, cette perte de postes s’est surtout faite au détriment d’infirmiers masculins, causant des déséquilibres hommes-femmes à même d’hypothéquer la sécurité, en cas de nécessité de maitrîser physiquement un patient. « Il y a des secteurs où l’on ne peut se permettre des suppressions des postes », a dénoncé Laurent Messier, évoquant des unités à Cadillac où, sur 18 patients, « les trois quarts ont commis un homicide ». « La profession a connu ces derniers mois des moments difficiles que cet événement vient douloureusement rappeler », a réagi dans un communiqué Didier Borniche, président de l’Ordre national des infirmiers, en évoquant d’autres cas d’agressions. « Une situation telle que celle de l’hôpital de Cadillac ne doit pas se reproduire et nous proposons de placer les professionnels de la psychiatrie au cœur des débats sur la stratégie nationale de santé annoncée » par le gouvernement, a-t-il ajouté.

L’UMD de Cadillac, l’une des dix unités spécialisées en France pour l’accueil de malades psychiatriques présentant un danger pour autrui, compte quelque 85 patients. Récemment, le « cannibale » présumé soupçonné d’avoir mangé le cœur et la langue d’un nonagénaire à Nouilhan (Hautes-Pyrénées) y a été transféré. Le syndicat FO a déposé un préavis de grève pour mardi à Cadillac, tandis que Sud a dit vouloir convoquer un assemblée générale en début de semaine, à la suite de l’agression. La direction de l’UMD n’a pu être jointe vendredi.

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