Vif débat à l’Assemblée sur l’ouverture du capital du LFB (médicaments dérivés du sang)

Santé

Les députés ont voté lundi soir l’ouverture du capital du LFB (médicaments dérivés du sang) à des organismes publics pour financer son développement, un projet qui a suscité de fortes inquiétudes sur une « privatisation rampante » exclue par le ministre de l’Économie.

L’article 48 du projet de loi Macron dispose que l’État ne sera plus majoritaire dans le LFB (qui fractionne du plasma et commercialise des médicaments dérivés du sang) mais que des organismes publics le seront. L’objectif, a dit la rapporteure thématique Clotilde Valter (PS), est de permettre le développement de la société, notamment la construction en France d’une usine pour un coût de 250 millions d’euros, en répondant à son besoin de financement, via une entrée au capital de la Banque publique d’investissement (BPI), organisme public. Mais pour beaucoup de députés comme Karine Berger (PS), la BPI ce n’est pas « aussi régalien » que l’État. « Il s’agit d’un sujet extrêmement sensible, on ouvre des brèches », a déploré le socialiste Christian Paul.

Faux, a répondu le ministre de l’Économie Emmanuel Macron pour qui l’APE (Agence des participations de l’État) et la BPI font partie du régalien l’un comme l’autre. « L’APE et la BPI ne toucheront pas de dividendes », s’est-il aussi engagé. L’État ne souhaite pas faire rentrer d’actionnaire privé minoritaire dans le capital du LFB, même si c’est juridiquement déjà possible, a-t-il insisté. « La BPI n’est pas un fonds de pension. On reste dans un cadre public », s’est insurgé Mme Valter en réponse à la Front de gauche Jacqueline Fraysse qui évoquait une « marchandisation du corps humain ».

Les députés ont également voté un amendement précisant que si une privatisation du LFB devait être envisagée un jour, elle devrait être autorisée par le Parlement. Plus généralement, les députés ont voté un amendement précisant que les « intérêts essentiels de la Nation » devront être préservés dans toute opération de privatisation. Ils avaient déjà voté un amendement en commission ayant pour objet de renforcer le pouvoir du Parlement sur les opérations de privatisation des sociétés détenues par l’État, en diminuant de moitié les seuils de chiffres d’affaires et d’effectifs déclenchant aujourd’hui sa compétence. Ces seuils sont abaissés à 500 salariés et 75 millions d’euros de chiffre d’affaires.

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