Contrôles de stationnement fictifs : Paris rappelle ses obligations à l’un de ses délégataires

Sécurité

La ville de Paris a annoncé mercredi 7 mars avoir « rappelé à ses obligations » la société Streeteo (Indigo) dont des agents sont soupçonnés d’avoir effectué des milliers de contrôles de stationnement fictifs, une situation aujourd’hui « rentrée dans l’ordre », selon la ville.

Confirmant une information parue dans le Canard Enchaîné, la mairie de Paris a indiqué qu’elle avait constaté fin janvier que les « relevés des contrôles effectués par l’entreprise Streeteo faisaient état d’un taux anormalement élevé de véhicules exemptés du paiement du stationnement ». La ville de Paris s’est immédiatement inquiétée de cette situation auprès de l’entreprise.

Comme le raconte l’hebdomadaire satirique en citant des salariés de Streeteo, des agents, pour remplir leurs quotas, saisissaient sans quitter leur bureau des immatriculations de véhicules flashés par les véhicules Lapi, en prétendant les contrôler. Ils entraient ensuite, pour motif de non-verbalisation, des explications type « PMR » (personne à mobilité réduite) ou « autre ».

Fin janvier, à l’occasion d’un premier bilan de la réforme du stationnement, de compétence désormais municipale, « nous avons effectivement constaté un nombre anormalement élevé d’exemptions de paiement », a affirmé devant la presse Christophe Najdovski, adjoint EELV aux Transports. « Aucun véhicule n’a été verbalisé à tort », assure la ville qui précise avoir « convoqué immédiatement les dirigeants de Streeteo pour leur demander des explications ».

Ceux-ci ont « diligenté une enquête interne qui a confirmé un dysfonctionnement » et annoncé des mesures disciplinaires contre un cadre, ajoute la mairie, selon laquelle la « situation est rentrée dans l’ordre depuis le 22 février ».

Selon l’élu, ce couac ne concerne que « de 2 à 3 % des transactions » quand le Canard Enchaîné, citant des agents, parle de « près de la moitié » des 50 000 contrôles quotidiens de Streeteo.

La ville ne tiendra compte que des contrôles effectués avec un matériel géolocalisé démontrant que l’agent verbalisateur se trouve bien dans la rue indiquée, selon le communiqué.

Des pénalités financières seront appliquées pour tout contrôle non géolocalisé.

Dans le cadre de la réforme permise par la loi sur les métropoles (loi Maptam) qui municipalise à partir du 1er janvier 2018 la gestion du stationnement, l’exécutif parisien, au terme d’un vif débat entre les élus, avait décidé de confier au privé la gestion des parcmètres et des amendes.

Deux lots ont été remportés par Streeteo et un lot par Urbis Park, à charge pour eux d’effectuer 25 000 contrôles par lot et par jour, sur les 140 000 parcmètres que compte Paris.

« C’est une réforme qui marche », a néanmoins plaidé l’élu en évoquant une augmentation des paiements de parcmètres, jusque là ignorés par 90 % des automobilistes selon la ville, alors que la « physionomie des rues a changé. Grâce à une rotation plus grande, il y a maintenant des places disponibles dans les rues ».

« C’est un couac pour la société Streeteo, pas pour la mairie de Paris », a ajouté M. Najdovski.

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