Radicalisation : présentation des principales mesures dévoilées par le gouvernement

Sécurité

« Prévenir pour protéger » : le Premier ministre Édouard Philippe a présenté vendredi 23 février un plan de lutte contre la « radicalisation islamiste » qui balaye un large spectre et implique aussi bien les prisons que l’éducation et la société civile.

Les principales mesures du plan de lutte contre la « radicalisation islamiste » sont les suivantes :

Prisons

Le remodelage des conditions de détention des personnes radicalisées est l’axe principal de ce plan.

Sur près de 70 000 détenus en France en février, 512 personnes sont incarcérées pour des faits de terrorisme et 1 139 prisonniers de droit commun ont été identifiés comme « radicalisés ».

Dans les prisons, 1 500 places vont être créées « dans des quartiers étanches, exclusivement dévolus aux détenus radicalisés, dont 450 d’ici la fin de l’année », a annoncé M. Philippe.

Les quartiers d’évaluation de la radicalisation (QER) passeront de trois à six. Les détenus y sont évalués pendant environ 4 mois par groupe de douze. À l’issue de cette période, ils ne seront plus placés en détention ordinaire : ils iront soit en « quartier étanche », soit à l’isolement, soit dans des quartiers de prise en charge des personnes radicalisées (QPR).

Pour l’heure, un seul QPR existe, dans la prison de Lille-Annœulin, mais deux autres vont être créés, à Vendin-le-Vieil et à Condé-sur-Sarthe. L’objectif est de placer 25 détenus par QPR.

Le plan acte également la création de trois nouveaux « centres de prise en charge individualisée » en milieu ouvert, qui s’inspirent d’un centre au Danemark. Ils concerneront principalement des personnes sous contrôle judiciaire, notamment des « revenants » des zones de combat jihadistes en Syrie et en Irak.

Éducation

Dans sa présentation, le Premier ministre a insisté sur le renforcement de l’encadrement des établissements scolaires hors contrat (74 000 élèves à la rentrée 2017). L’objectif, selon le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer, est de lutter contre « l’embrigadement » des élèves par l’islam radical.

Il soutient une proposition de loi en ce sens adoptée cette semaine au Sénat. Voté mardi, le texte affirme le principe d’un contrôle annuel de chaque établissement hors contrat et prévoit que les services de l’Éducation nationale préviennent le préfet et le procureur s’il apparaît que l’enseignement dispensé est contraire à la moralité ou aux lois, ou que des activités menées au sein de l’établissement sont de nature à troubler l’ordre public.

En outre, des mesures de soutien à la laïcité à l’école et une « systématisation » de l’éducation à l’information et aux médias (« anticomplotisme »…) seront mises en place pour « apprendre le libre-arbitre et le discernement », a ajouté M. Philippe.

Il s’agira enfin « d’encourager le contre-discours républicain » sur plusieurs registres, notamment humoristique, artistique et religieux, selon un document qui présente les 60 mesures du gouvernement « pour réorienter la politique de prévention ».

Service public

« L’État, en tant qu’employeur, n’est pas épargné par le risque de radicalisation », a asséné le chef du gouvernement.

Deux décrets qu’il va signer porteront sur les conditions qui permettent d’écarter un militaire ou un fonctionnaire exerçant une activité sensible pour des motifs de radicalisation.

En outre, une « réflexion », confiée au ministre des Comptes publics Gérald Darmanin, va être menée sur les moyens d’écarter les fonctionnaires en contact avec des publics qu’ils peuvent éventuellement influencer et « dont le comportement porte atteinte aux obligations de neutralité, de respect du principe de laïcité, voire comporte des risques d’engagement dans un processus de radicalisation ».

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