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Municipales 2026 : faire du handicap une priorité politique locale

Personnes handicapées

Les droits des 12 millions de personnes vivant avec un handicap (logement, mobilité, école, emploi, citoyenneté) restent difficiles à exercer. Malgré les lois de 1975 et 2005, l'accessibilité progresse trop lentement et dépend encore du volontarisme local. Pour les municipales de 2026, le Collectif Handicaps appelle communes et intercommunalités à en faire une priorité budgétée et participative.

En France, 12 millions de personnes sont en situation de handicap, accompagnées par près de 11 millions d’aidants. Ce sont des femmes et des hommes, enfants, parents, travailleurs, bénévoles, électeurs. Des habitants à part entière. Pourtant, dans la majorité des territoires, leurs droits fondamentaux – se loger, se déplacer, étudier, travailler, participer à la vie sociale et citoyenne – restent partiellement ou difficilement effectifs. Et si, en 2026, nous décidions que cela change ?

Le handicap, miroir de nos territoires

Le handicap n’est ni un sujet marginal, ni une contrainte technique. C’est un révélateur de l’égalité réelle dans nos territoires. C’est une opportunité pour bâtir des communes plus solidaires, plus attractives, plus humaines. Ce qui garantit l’autonomie d’une personne handicapée – une voirie accessible, des services adaptés, une information claire – améliore la vie de milliers d’autres (personnes âgées, familles, enfants, nouveaux arrivants, touristes, etc.). Une commune inclusive est une commune plus juste, qui ne laisse personne au bord du chemin.
Grâce aux lois de 1975 et de 2005, la situation des personnes handicapées s’est améliorée dans la plupart des territoires. Mais, les inégalités demeurent. Les politiques locales en faveur de l’inclusion reposent encore trop sur le volontarisme de certains élus, et non sur une responsabilité partagée.

Retard des communes

Malgré des obligations légales vieilles de cinquante ans, la majorité des communes n’a pas achevé la mise en accessibilité de ses bâtiments, de sa voirie, de ses services numériques. Les personnes concernées sont rarement associées aux décisions qui les touchent. Le soutien aux aidants et aux associations demeure, lui aussi, inégal.
Certes, l’enchevêtrement des compétences entre les différents échelons nationaux, régionaux, départementaux et locaux ne facilite pas la tâche. Mais, le respect des droits des personnes handicapées – à commencer par l’accessibilité – doit être pleinement intégré aux projets municipaux et aux programmes électoraux. C’est la condition d’une action locale cohérente dès le début de mandat.

L’inclusion, moteur d’attractivité et de cohésion

Les communes et intercommunalités sont les premières à agir sur l’accès à la ville, à l’école, au logement, à la mobilité, à la culture, au sport, à l’emploi et à la citoyenneté. Le Collectif Handicaps appelle les futurs conseils municipaux et intercommunaux à sortir de l’indifférence.
Faire du handicap une priorité pour la prochaine mandature, c’est passer d’une préoccupation ponctuelle à une politique structurée, pilotée et budgétée. D’une approche strictement technique à une stratégie d’investissement social. D’un discours à une démarche participative, qui fait de la voix des premiers concernés un moteur de décision.

Rendre l’espace et les services publics accessibles

Concrètement, s’engager en faveur de l’inclusion à l’échelon local, c’est prendre des mesures pour rendre l’espace et les services publics accessibles, permettre la mobilité de toutes et tous, garantir un logement adapté, assurer l’accès au numérique et à l’information, adapter les services petite enfance et jeunesse, construire une école inclusive, favoriser l’emploi des personnes handicapées, soutenir la vie culturelle, associative et sportive, renforcer l’action sociale et sanitaire de proximité, promouvoir la participation citoyenne et l’expertise d’usage.
Les territoires qui prendront ce chemin seront ceux qui tiendront leurs promesses de justice sociale et de démocratie.
L’égalité n’est pas une promesse abstraite : élus, agents et citoyens ont tous leur rôle à jouer pour la garantir au quotidien.

Arnaud de Broca, président du Collectif Handicaps

Le Collectif Handicaps – qui regroupe 54 associations nationales défendant les droits des personnes handicapées et de leurs proches – tient à la disposition des candidates et candidats, ainsi que des électrices et électeurs, un manifeste « Pour une politique municipale et intercommunale inclusive ». Autour de 10 engagements, il propose une feuille de route concrète pour garantir localement l’égalité des droits, la pleine citoyenneté et l’autonomie des personnes handicapées.

Posté le 26/01/26 par Rédaction Weka