La richesse est évaluée généralement par des indicateurs numériques importés de l’évaluation des entreprises « classiques » :
- chiffre d’affaires de la structure ;
- nombre de salariés (dont nombre d’apprentis, équivalents ETP…) ;
- nombre de bénéficiaires / adhérents ;
- montant des dividendes reversés aux actionnaires…
À l’inverse, l’économie sociale et solidaire (ESS) développe depuis plusieurs années des critères d’évaluation de la richesse que ses entreprises (associations, coopératives, mutuelles, fondations) produisent, afin de mesurer leur impact sur le « bien vivre ensemble ».
Le champ de l’insertion se situe presque totalement au sein de l’économie sociale et solidaire (ESS), car la plupart des structures d’insertion sont sous statut :
Les principes de l’ESS se retrouvent donc au cœur de ces structures et services, au moins en théorie :
- l’utilité collective ;
- la mixité des ressources ;
- la démocratie (1 personne = 1 voix) ;
- la transparence.
La question à se poser est la suivante : est-ce que ce modèle coopératif (ESS) génère de la richesse ? Si oui, est-ce un modèle économique viable et comment communiquer sur les territoires en sortant du poncif « insertion = charge collective » ?
L’économie sociale et solidaire représenterait environ un emploi sur dix en France, et s’organise grâce à environ 15 millions de bénévoles. Presque tous les français sont acteurs de l’ESS, directement ou indirectement :
- en ayant un compte bancaire dans une banque mutualiste (crédit mutuel, caisse d’épargne…) ;
- en ayant une mutuelle pour couvrir les frais liés à la santé ;
- en pratiquant des activités sportives, de loisirs, culturelles grâce à une association de proximité ;
- en recourant à une équipe associative pour faire face aux difficultés : aide à la recherche d’emploi, formation, validation des acquis, suivi des femmes victimes de violence, appui aux sans-papiers, aux mal-logés, à la parentalité, à la gestion du budget ;
- inscription aux services à domicile pour un parent vieillissant, un enfant difficile, ou pour aider la famille…
Toutes ces activités génèrent directement ou indirectement des actions d’insertion :
- en employant et formant des personnes du quartier ;
- en veillant au bien-être de chacun ;
- en respectant les principes de démocratie et de transparence ;
- en refusant l’enrichissement individuel au profit de l’utilité collective…