La communication intercommunale est autonome de celle des communes : elle poursuit des objectifs distincts et dispose de ses propres outils. Pour autant, les territoires et les populations cibles s’avèrent souvent très similaires, ce qui tend à brouiller les messages.
L’objectif ici, pour votre commune, est d’éviter au maximum la confusion en traçant des frontières entre les stratégies de communication intercommunale et municipale, en déterminant des rôles (« Qui parle de quoi ? »).
Le partage des compétences
Pour ce faire, vous devez au préalable identifier les compétences de chacune des institutions (« Qui fait quoi ? ») en vous posant des questions simples mais nécessaires à ce travail de délimitation :
- Quelles compétences ont été transférées à l’intercommunalité ?
- Quelles sont les modalités de ces transferts ? Ont-ils entraîné une mutualisation des services ? Des transferts de personnel ?
- De nouveaux transferts sont-ils envisagés à terme ?
- Quelles compétences demeurent exclusivement communales et quelles sont les compétences partagées ?
Cette première phase indispensable vous permet de dresser un schéma de la répartition des compétences. Ainsi, vous pourrez évaluer l’adéquation de la stratégie de communication de votre commune avec ce schéma, pour mieux la réorienter.
A noter
Communiquer sur des compétences transférées entretient la confusion dans l’esprit de l’administré. Cela nuit à l’efficacité en contribuant à la mise en place de stratégies indépendantes, voire concurrentes.
Les réalisations croisées
Bien qu’utile, cette répartition des tâches par compétences ne se suffit pas à elle-même. Commode intellectuellement, elle s’avère parfois difficile à mettre en œuvre sur le terrain. En effet, de nombreuses compétences restent partagées entre commune et intercommunalité. Entre outre, certains projets dont l’initiative revient à l’établissement public de coopération intercommunale (EPCI) sont tellement liés au territoire communal qu’il paraît inenvisageable de ne pas communiquer à leur propos.
L’élection au suffrage universel direct des conseillers municipaux fonde la distinction majeure entre les places qu’occupent la commune d’une part et l’intercommunalité d’autre part dans l’esprit du citoyen.
Il en résulte que le conseil municipal est une institution beaucoup plus politisée que le conseil communautaire (bien que ce dernier soit composé d’élus municipaux). Cela a des conséquences notables sur les stratégies de communications : pour forcer le trait, la commune s’adresse à des électeurs quand l’intercommunalité s’adresse aux habitants d’un territoire.
En termes de communication, vous serez par conséquent amené à rendre des comptes sur les réalisations de la commune. Les outils de communication sont impactés par cet aspect. Le journal municipal, le site internet et les autres publications régulières doivent nécessairement intégrer l’état d’avancement des projets annoncés en début de mandat.
Les réalisations les plus importantes doivent par ailleurs faire l’objet d’une communication spécifique : inauguration et hors-série seront les dispositifs privilégiés. Le vote du budget et, plus largement, la communication financière constituent également un volet important de cet objectif. Enfin, il vous faut intégrer la pratique consacrée du bilan de mi-mandat, qui est l’outil indispensable pour rendre des comptes autant auprès des élus que des administrés.