Les conditions du recours à la sous-traitance en marchés publics
Tout d’abord, un entrepreneur ne pourra valablement sous-traiter que dans le cadre d’un contrat d’entreprise. Cette condition a été reprise par le
Code des marchés publics
, qui autorise le recours à la sous-traitance pour des marchés de travaux ou de services, mais non dans le cas de marchés de fournitures.
A noter
Le contrat en cause doit être un véritable contrat d’entreprise : le sous-traitant devra donc être indépendant de l’entrepreneur et exercer un véritable contrôle sur ses salariés. À défaut, le délit de prêt illicite de main-d’œuvre pourrait être constitué.
Ensuite, l’entrepreneur ne peut sous-traiter qu’une partie des prestations qui lui incombent, et non la totalité de ces prestations.
Enfin, il doit toujours préalablement déclarer son sous-traitant, avant toute intervention de ce dernier sur le chantier, le maître d’ouvrage devant agréer le sous-traitant ainsi que ses conditions de paiement.
Sous-traitance directe et sous-traitance indirecte
Le sous-traitant direct est le sous-traitant de l’entrepreneur titulaire du marché. Le sous-traitant indirect est le sous-traitant d’un autre sous-traitant.
Le sous-traitant direct, en marchés publics, a deux droits alternatifs :
- le droit au paiement direct, si le montant des prestations sous-traitées est supérieur ou égal à 600 € TTC ;
- le droit à l’action directe lorsque le montant du contrat de sous-traitance est inférieur à 600 € TTC. L’action directe peut être exercée en cas de défaillance de l’entrepreneur principal : un mois après une mise en demeure de payer restée infructueuse, le sous-traitant peut réclamer le paiement des sommes dues au maître d’ouvrage. Celui-ci devra alors procéder au paiement, dans la limite des sommes qu’il reste à devoir à l’entrepreneur principal.
Remarque
Le sous-traitant indirect n’a pas droit, en revanche, au paiement direct, ni à l’action directe. Toutefois, son paiement sera garanti par une caution personnelle et solidaire d’un établissement financier agréé, mobilisée par l’entrepreneur avec lequel il est en relations contractuelles.
Cet entrepreneur peut aussi donner une délégation de paiement au maître d’ouvrage pour le paiement du sous-traitant indirect.
Ces dispositions sont d’ordre public : il n’est pas possible d’y déroger par convention.