Publiés au Journal officiel du 12 juin 2026 pour une entrée en vigueur fixée au 1er juillet suivant, les cinq décrets portant réforme statutaire, indiciaire et indemnitaire de l’encadrement supérieur territorial placent les collectivités dans une situation d’application pratiquement impossible. Ce délai de dix-neuf jours est structurellement incompatible avec la chaîne procédurale obligatoire – consultation du comité social territorial, délibération de l’organe délibérant, contrôle de légalité — que toute modification du régime indemnitaire impose aux employeurs territoriaux.
Le blocage le plus grave tient à l’absence, à ce jour, de l’arrêté interministériel de classement des emplois en quatre niveaux, sans lequel aucune collectivité ne peut déterminer les plafonds indemnitaires applicables ni adopter une délibération régulière. Cette lacune réglementaire rend la mise en œuvre du nouveau régime indemnitaire matériellement impossible. Elle place simultanément les gestionnaires face à un dilemme insoluble : soit ils appliquent strictement les décrets, supprimant dès juillet 2026 la NBI et la prime de responsabilité des DGS et DGA sans régime de substitution effectif — avec des pertes de rémunération immédiates pour les agents —, soit ils maintiennent provisoirement les dispositifs abrogés, s’exposant alors au risque d’une dépense sans base légale susceptible d’engager leur responsabilité personnelle.
