Les différentes crises économiques qui se sont succédé depuis les années 1970 dans le contexte de la libéralisation des échanges au niveau international ont conduit dans les années 1990 à l’apparition d’un nouveau métier : celui de manager commerce. Inaugurée au Canada, au Royaume-Uni, en Belgique ou encore en Suède, la fonction a fini par être créée en France, afin de contribuer à la déclinaison opérationnelle des politiques de redynamisation des centres-villes.
Du fait de l’augmentation continue du taux de vacance commerciale depuis 2024, le soutien au commerce de proximité apparaît plus que jamais comme un enjeu de politiques publiques pour stimuler l’attractivité et le dynamisme économique d’un territoire. 10,64 % de locaux commerciaux étaient en effet vacants selon le dernier rapport Codata du 1er janvier 2025, du fait des crises sanitaires et inflationnistes mais aussi des changements de consommation induits par le e-commerce.
Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), la vacance s’entend de « la situation d’un local qui n’est ni occupé ni exploité alors qu’il est destiné à l’être ». Sur l’année 2025, le taux de vacance commerciale dans les centres-villes français s’est ainsi situé, au total, autour de 10 à 11 % en 2025, avec des disparités importantes selon la taille des villes, selon le site spécialisé CommerceImmo.fr.
Aussi appelé manager de centre-ville, manager territorial, chargé de mission commerce, responsable commerce et attractivité…, ce manager s’est donc imposé comme l’interlocuteur privilégié des acteurs locaux et de tous les partenaires intervenant dans le développement commercial et économique, même si ses missions ont pu varier en fonction des spécificités du territoire et de son positionnement. Car il lui revenait dans tous les cas d’intervenir de manière globale pour redynamiser le commerce de proximité.
Depuis 2019 et le lancement du pacte vert européen, le manager de commerce doit s’acquitter de ses fonctions comme un manager du développement durable. À ce titre, il lui revient de porter et d’animer la stratégie de développement durable de l’organisation qui permettra de développer de nouveaux modèles économiques. Il accompagne les acteurs dans l’évolution de nouvelles pratiques plus respectueuses de l’environnement et des objectifs sociaux et d’insertion territoriale. Il évalue la valorisation financière et extrafinancière de ces nouvelles pratiques pour les parties prenantes et valorise les actions responsables engagées en interne comme en externe (cf. fiche métier « RNCP37011 – Manager du développement durable » sur le site www.francecompetences.fr).
C’est pourquoi il est important d’avoir un expert dédié à la problématique du commerce pour lutter contre la vacance commerciale qui gangrène certains centres-villes et centres-bourgs en intégrant cette composante dans le projet de territoire et dans chaque politique qui en découle, notamment pour en faire un levier de réussite de la transition écologique.