En 2013, au moins 453 personnes sans domicile sont « mortes de la rue »

Lutte contre les exclusions

Le collectif Les Morts de la Rue a recensé au moins 453 SDF décédés en 2013 en France, annonce-t-il lundi 3 mars 2014 dans un livret en leur mémoire.

« La rue n’est pas une fatalité. Leur vie devait-elle s’achever là ? », s’interroge le Collectif, qui leur rendra hommage le 18 mars Place de la République, à Paris. Le collectif dénonce depuis plus de 10 ans la mort prématurée de personnes vivant dans la rue, dont l’âge moyen n’excède pas 50 ans, alors que l’espérance de vie en France est de 81,5 ans.

Dans le livret, tous sont listés par un prénom, un nom, un surnom, ou tout simplement une initiale. Certains n’ont même pas pu être identifiés : ils sont alors mentionnés comme « un homme », « une femme ». En quelques mots, leur vie, ou ce que l’on en sait, est résumée :¨Paco le Fakir, 60 ans environ, est mort le 21 septembre après 30 ans de rue, à Sète ». « Fernand L., 79 ans, est mort le 20 septembre près du banc qu’il habitait, à Troyes ».

Mais les informations sont parfois parcellaires : elles proviennent d’associations, des services du 115 ou du samu social, des foyers d’hébergement, des pompiers, des travailleurs sociaux, de certains services de police, de particuliers, d’hôpitaux, de maires ou encore des pompes funèbres. La liste n’est pas exhaustive, souligne le collectif.

Sur un quai, sous un abribus, sous un pont, dans le métro, la majorité sont morts sur la voie publique : Joël, 57 ans, dans une rue de Toulon, Cyrille, 40 ans, dans un passage couvert à Paris, Maurice, 60 ans, dans un jardin public d’Auray, Stéphane, 44 ans, dans le bois de Boulogne.

Certains avaient trouvé des abris de fortune, comme Waldermar, 39 ans, décédé dans un squat à Lille, Joseph dans une cave à Paris, Patrice, 50 ans, dans une tente à Sète, ou encore Philippe dit « Fifi », dans la voiture où il vivait, à Paris.

Même si la majorité restent des hommes, les femmes sont de plus en plus présentes : Pascale, 52 ans, est morte à Six-Fours, au lendemain de l’expulsion de son logement, tout comme Stéphanie, 38 ans, morte sous une tente à Fréjus, deux jours après son expulsion.

Certains avaient quitté la rue depuis peu mais sont morts des conséquences d’une vie d’errance, comme Faycal, 51 ans, mort la première nuit de son placement en hébergement d’urgence à Montrouge, ou Abdelatti, 40 ans, dans un centre après 20 ans de rue.

 

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Posté le par Rédaction Weka

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