Domaines d'expertise
Biographie professionnelle
Ancien directeur d’établissements médico-sociaux publics dans le Haut-Var, Henri Badell est intervenu dans le champ du handicap (IME/Sessad/Esat) et dans celui des personnes âgées (deux Ehpad).
Titulaire d’un DESS de gestion de l’entreprise sociale et du Cafdes, diplômé de l’Ehesp 1999/2000, il intervient régulièrement à l’Ehesp et notamment en qualité de conseiller en parcours de formation pour les élèves directeurs.
En 2022, il a participé en qualité de co-auteur à l’ouvrage édité par les Presses de l’Ehesp : Le métier de directeur d’établissement sanitaire, social et médico-social.
Très engagé dans son action de défense et de promotion des établissements publics sociaux et médico-sociaux, il a siégé en qualité de représentant du Gepso à tous les niveaux de la démocratie en santé (CTS, CRSA et CNS).
Il exerce aujourd’hui le rôle de personnalité qualifiée dans le département des Pyrénées orientales. Toujours en lien avec les D3S, il siège en qualité de personnalité qualifiée à l’instance collégiale du Centre national de gestion ; et accompagne encore les établissements en qualité de consultant spécialisé du médico-social.
Publications récentes
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Fiche pratique 31 août 2026
Les enjeux pratiques de la protection des majeurs vulnérables en Ehpad
L’entrée en Ehpad intervient, souvent, dans un contexte de fragilisation : perte d’autonomie, troubles cognitifs, isolement, difficultés financières, sortie d’hospitalisation, c’est une période de rupture avec le domicile. Dans certains cas, les résidents bénéficient d’une mesure de protection juridique : tutelle, curatelle ou d’une habilitation familiale. Pour les professionnels, la présence d’une mesure de protection peut susciter de nombreuses interrogations : qui peut décider ? Qui peut signer ? Quelle place accorder à la famille ? Quand solliciter le mandataire ? Le résident peut-il encore décider seul ? Que faire lorsqu’il refuse un soin ou une proposition d’accompagnement ? Ces questions sont d’autant plus importantes que la protection juridique d’un majeur ne signifie pas la disparition de ses droits. La réforme, avec la loi n° 2007-308 du 5 mars 2007, a renouvelé l’approche de la protection juridique en consacrant les principes de nécessité, de subsidiarité et de proportionnalité, ainsi que le respect des droits et libertés de la personne protégée. Dans ce cadre, l’enjeu pour les professionnels n’est pas de connaître les différentes mesures de protection, mais de savoir comment les traduire dans les pratiques quotidiennes. La présence d’un mandataire judiciaire à la protection des majeurs (MJPM) ne dessaisit pas l’Ehpad de ses responsabilités d’accompagnement, de soins et de respect des droits de la personne. Inversement, le MJPM n’a pas vocation à se substituer aux professionnels dans les actes relevant du soin ou de l’organisation quotidienne de la vie en Ehpad. Comment protéger une personne vulnérable tout en continuant à reconnaître sa capacité à être actrice de sa vie ? Cette réflexion conduit à s’intéresser successivement au cadre de la protection juridique, aux conséquences concrètes dans la vie quotidienne du résident, puis à la nécessaire coopération entre les professionnels de l’établissement, le mandataire et la famille.
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Fiche pratique 31 août 2026
Politique et sécurité du médicament en Ehpad : rôle du directeur
Dans les Ehpad, le circuit du médicament est complexe. Il fait intervenir un grand nombre de professionnels, salariés de la structure ou libéraux : médecins, pharmaciens, infirmiers, aides-soignants, voire, dans certaines conditions, pour ce qui est de l’aide à la prise des médicaments, tout autre personnel chargé de l’aide aux actes de la vie courante comme l’indique l’article L. 313-26 du Code de l’action sociale et des familles. La sécurisation du circuit du médicament relève donc d’une démarche pluridisciplinaire qui doit fédérer l’ensemble des professionnels de santé intervenant dans l’établissement. Le directeur d’Ehpad, quant à lui, joue un rôle central dans la politique de sécurité du médicament, même s’il n’est pas responsable de la prescription et de l’administration des traitements qui relèvent des professionnels de santé (médecins, pharmaciens, infirmiers). Il est cependant le garant institutionnel de la sécurité du circuit du médicament et devra organiser, coordonner, contrôler et améliorer en continu les pratiques, afin de prévenir les erreurs médicamenteuses et d’assurer la sécurité des résidents.
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Fiche pratique 31 août 2026
Recruter le personnel d’encadrement en Ehpad
Dans un contexte marqué par l’augmentation des besoins de soins, la complexification des pathologies liées au vieillissement, les exigences accrues en matière de qualité et de sécurité des prises en charge, ainsi que par des contraintes budgétaires importantes, les Ehpad publics font face à des difficultés persistantes de recrutement et de fidélisation de professionnels d’encadrement, indispensables au bon fonctionnement des établissements. Leur rôle dépasse largement les fonctions traditionnellement associées à l’encadrement. Ils doivent aujourd’hui concilier des exigences parfois contradictoires : maîtrise des dépenses publiques, amélioration de la qualité des prestations, développement de la qualité de vie au travail, gestion des risques, adaptation aux évolutions réglementaires et attentes croissantes des résidents comme de leurs familles… Cette situation fragilise leur capacité à conduire les transformations nécessaires pour répondre aux défis du secteur médico-social. Le recrutement d’un personnel d’encadrement qualifié ne consiste plus seulement à pourvoir un poste vacant. Il s’agit d’attirer des professionnels capables de conduire des projets complexes, de manager des équipes pluridisciplinaires, d’accompagner le changement, de développer une culture de la qualité et de garantir le respect des droits fondamentaux des personnes accueillies. Le recrutement du personnel d’encadrement constitue donc un enjeu stratégique pour les Ehpad publics. Dans un contexte marqué par la raréfaction des candidatures et la concurrence accrue entre employeurs, ceux-ci sont amenés à repenser leurs pratiques de recrutement, d’intégration et de fidélisation des cadres.
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Fiche pratique 31 août 2026
Élaborer et utiliser les fiches de poste en Ehpad
Dans un Ehpad, la qualité de l’accompagnement des résidents repose sur une organisation rigoureuse et une répartition claire des rôles de chaque professionnel. Face à la diversité des métiers et à la complexité croissante des prises en charge, il est indispensable de définir précisément les missions, les responsabilités et les compétences attendues de chacun. Dans ce cadre, la fiche de poste constitue un outil essentiel de gestion des ressources humaines car elle favorise la coordination des équipes, facilite l’intégration des nouveaux collaborateurs, soutient l’évaluation des compétences et contribue à l’amélioration continue de la qualité des soins et des services. Par ailleurs, dans un contexte marqué par la pénurie de professionnels et un turn-over élevé, la fiche de poste s’impose aujourd’hui comme un outil clé au sein des ESSMS et des établissements de santé. Bien conçue, elle permet de clarifier les rôles, de fluidifier l’organisation, d’anticiper les besoins en compétences, et de mieux accompagner les évolutions professionnelles. Dès lors, il est pertinent de s’interroger sur la manière dont les fiches de poste sont élaborées et utilisées en Ehpad, ainsi que sur leur contribution à l’efficacité de l’organisation et à la qualité de l’accompagnement des personnes âgées.
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Fiche pratique 31 août 2026
Le respect des droits et des libertés des personnes âgées en Ehpad
Le respect des droits et des libertés des personnes âgées constitue un principe fondamental de toute politique d’accompagnement, de soins et de prise en charge médico-sociale. Le vieillissement, la perte d’autonomie ou l’entrée en Ehpad ne remettent pas en cause la qualité de citoyen et de sujet de droit de la personne âgée. Les situations de vulnérabilité imposent une attention particulière pour garantir la dignité, l’intégrité, l’autonomie décisionnelle et la participation effective de la personne à toutes les décisions qui la concernent. Le cadre juridique français repose principalement sur la loi n° 2002-2 du 2 janvier 2002 rénovant l’action sociale et médico-sociale, codifiée au sein du Code de l’action sociale et des familles. Il reconnaît le droit au respect de la dignité, de la vie privée, de l’intimité, de la liberté d’aller et venir, du libre choix et du consentement éclairé. Ces droits sont renforcés par les dispositions du Code de la santé publique relatives à l’information du patient, à la personne de confiance et aux directives anticipées, ainsi que par la Charte des droits et libertés de la personne accueillie. Par ailleurs, la loi n° 2015-1776 du 28 décembre 2015 relative à l’adaptation de la société au vieillissement (dite « loi AVS »), a réaffirmé les droits et libertés des âgés en renforçant la procédure de recueil du consentement à l’entrée en Ehpad, en permettant aux personnes âgées de désigner une personne de confiance dans le cas où elles rencontreraient des difficultés dans la connaissance et la compréhension de leurs droits ou en renforçant l’intégrité physique et la sécurité des personnes âgées dans les maisons de retraites, tout en respectant leurs droits. Les évolutions des politiques publiques ont renforcé cette exigence avec la loi n° 2024-317 du 8 avril 2024 portant mesures pour bâtir la société du bien vieillir et de l’autonomie. Elle marque une étape importante en réaffirmant la nécessité de mieux protéger la vie privée et familiale des personnes âgées, de prévenir les situations de maltraitance et de garantir l’effectivité des droits dans les établissements sociaux et médico-sociaux. Pour les Ehpad, ces principes ne relèvent pas uniquement d’une obligation éthique ; ils constituent désormais un véritable enjeu de qualité et de gestion des risques. Garantir les droits et les libertés des résidents suppose une organisation institutionnelle adaptée, des procédures respectueuses du consentement, une participation active des personnes accueillies et une culture professionnelle fondée sur la bientraitance. Il s’agit ainsi de concilier la sécurité nécessaire à l’accompagnement de personnes souvent fragilisées avec le maintien, autant que possible, de leur autonomie, de leurs choix de vie et de leurs liens sociaux et familiaux.
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Fiche pratique 31 août 2026
La responsabilité juridique du directeur d’Ehpad
Engager sa responsabilité consiste concrètement à être amené à répondre de ses actes. En droit, plusieurs types de responsabilités peuvent être engagés. Seront ici évoquées les responsabilités civile et pénale du directeur d’établissement : La responsabilité civile est engagée dans le cas d’un préjudice causé à un tiers. Il s’agit alors de réparer sur un plan pécuniaire ces conséquences dommageables ; La responsabilité pénale est, quant à elle, engagée en cas d’infraction réprimée par le Code pénal. Concernant les directeurs d’Ehpad, le nombre de condamnations pénales prononcées chaque année par les tribunaux français est inférieur à une dizaine. La responsabilité personnelle sur le plan civil d’un directeur d’établissement est également rarement retenue, la responsabilité de l’établissement assurant le plus souvent le dédommagement des victimes. Pour autant, la société continue de se judiciariser et accepte de moins en moins l’aléa. Ainsi, la survenance d’un accident entraîne souvent la recherche d’un « responsable » : ceci conduit les directeurs d’établissement à s’assurer de la sécurisation de leurs pratiques, tant à l’égard de leurs collaborateurs qu’à celui des personnes accueillies.