Une adhésion transpartisane aux enjeux climatiques
Les maires semblent très engagés en faveur de la transition climatique et énergétique, au-delà de leur appartenance politique. Selon une grande consultation menée par The Shift Project fin 2025, auprès de près de 3 000 élus municipaux et relayée par les associations d’élus, près de 9 sur 10 considèrent avoir pris en compte ces enjeux dans le cadre de leur mandat, quel que soit leur type de territoire (urbain, périurbain, rural).
Loin d’être un objectif abstrait, la transition climatique et énergétique repose sur des considérations pragmatiques : améliorer la qualité de vie et de la santé des habitants (77 %), maîtriser les dépenses énergétiques (75 %) et protéger le territoire face aux conséquences du dérèglement climatique (62 %). Plus d’un élu sur deux (54 %) entend aussi contribuer à l’effort de neutralité carbone. Les élus des territoires urbains (90 %) et de métropole (97 %) sont plus nombreux à être motivés d’abord par l’amélioration de qualité de vie.
Toutefois, les élus sont confrontés à des difficultés opérationnelles qui freinent leur action : manque de moyens, accumulation des urgences quotidiennes, manque de temps ou de compétences, ou encore instabilité de la réglementation et des dispositifs de soutien.
Les élus de grandes communes s’estiment mieux informés sur les considérations énergétiques et climatiques que ceux des petites communes : 75 % pour les villes de plus de 10 000 habitants contre 58 % pour celles de moins de 2 000 habitants. De même, les élus de territoires ruraux considèrent qu’ils disposent de moins de connaissances sur le sujet (59 % contre 81 % pour les élus de métropole). Quoi qu’il en soit, la grande majorité des répondants estiment avoir progressé dans leurs compétences concernant les enjeux énergétiques et climatiques au cours de leur mandat.
La préservation de l’environnement : une priorité croissante pour le futur mandat
Préserver l’environnement sur le territoire est l’une des préoccupations majeures des élus. Pour plus de la moitié des élus locaux interrogés (53 %) et pour 60 % des maires, cela fait partie des trois enjeux les plus importants de leur mandat. Paradoxalement, les élus des communes de moins de 500 habitants (57 %) et les élus des villes de plus de 100 000 habitants (60 %) sont les plus nombreux à fixer comme priorité la préservation de l’environnement sur leur territoire. Pour 2 élus sur 10, c’est même l’enjeu le plus important de leur mandat ; 34 % la citent comme l’enjeu le plus important du prochain mandat.
L’importance de l’acculturation et le défi de la perception citoyenne
Par ailleurs, la consultation met en avant le rôle de la sensibilisation. Plus le changement climatique les préoccupe, ou plus ils se sentent informés sur ce sujet, plus les élus placent la préservation de l’environnement au cœur de leur mandat. Ainsi, près de 7 sur 10 déclarent que préserver l’environnement doit faire partie des trois enjeux les plus importants du prochain mandat (contre 53 % pour le mandat actuel).
En revanche, plus d’un tiers des élus ne savent pas comment les habitants perçoivent leur action en faveur de la transition. C’est le cas notamment pour les femmes, les élus des communes de moins de 2 000 habitants, les élus des communes rurales, les conseillers municipaux de la majorité, les élus de plus de 50 ans ou ceux qui ont effectué un seul mandat, quelle que soit leur préférence partisane. Plus d’un tiers également (35 %) pensent que la population perçoit leur action comme étant adaptée, et 16 % pensent qu’elle apparaît insuffisante. Or, selon une étude Odoxa de septembre 2025 (Ma commune, mon maire et moi), 77 % des citoyens estimeraient que leur maire n’en fait pas assez en matière de transition écologique.
Marie Gasnier
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Les élus ont observé certains changements sur leur territoire
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