Après les municipales, place à la présidentielle en 2027

Publié aujourd'hui à 10h30 - par

« Un commencement », « des raisons d’espérer », « l’année prochaine, une nouvelle page » : le rideau à peine tiré sur les municipales, les principaux responsables politiques ont aussitôt pris leurs marques pour l’élection présidentielle de 2027.

Après les municipales, place à la présidentielle en 2027
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L’émergence des candidatures et la structuration du bloc central

Parmi les premiers à s’exprimer, Édouard Philippe, candidat déclaré à l’Élysée, a insisté sur les « raisons d’espérer quand tous ceux de bonne volonté se rassemblent dans un discours de vérité et qu’ils écartent les extrêmes ».

« S’il y a une personnalité parmi les candidats putatifs à l’élection présidentielle qui est en bonne position suite à ce deuxième tour, c’est lui mais cela ne veut rien dire pour ses chances en 2027 », avertit toutefois Mathieu Gallard, directeur d’études chez Ipsos.

« Édouard Philippe est lancé sur une rampe présidentielle mais il n’y a pas forcément un élan », renchérit Vincent Martigny, professeur en sciences politiques à l’université de Nice. « Les Républicains ont aussi fait de très bons scores et peuvent se sentir autorisés à espérer un autre type de candidat qui serait LR pur jus plutôt que lui ».

Le chef du parti Horizons, déterminé à enclencher sans tarder une nouvelle vitesse, réunira ses soutiens pour un premier meeting à Paris dès le 12 avril. Mais le programme présidentiel « massif » attendra, probablement, jusqu’à la rentrée.

Chez le parti présidentiel Renaissance, Gabriel Attal, rival de l’ex-Premier ministre, a tendu la main aux électeurs de la « gauche républicaine » écœurés des « accords » avec LFI et annoncé « une initiative très prochainement pour proposer une méthode de rassemblement » pour 2027. « Ce soir, l’espoir est possible. Je ne fais pas partie des fatalistes », a-t-il assuré.

La recomposition des oppositions face à l’échéance de 2027

Le combat s’annonce difficile pour identifier un candidat unique de la droite et du centre susceptible de franchir la barre du premier tour et de faire face au second à celui du Rassemblement national, le seul pour l’heure assuré d’y parvenir, d’après les sondages.

Le coup de théâtre est surtout venu dimanche 22 mars de la gauche, où les alliances avec LFI ont souvent été perdantes pour les socialistes et Les Écologistes, qui subissent le reflux de la vague verte de 2020.

Et le parti de Jean-Luc Mélenchon, s’il poursuit son implantation dans les villes populaires, ne parvient pas à conquérir de grandes villes comme Toulouse.

« C’est une victoire pour le narratif LR et d’extrême de droite de diabolisation de LFI. Et c’est un narratif dans lequel la France insoumise a donné le bâton pour se faire battre », pointe Vincent Martigny dans une allusion aux accusations d’antisémitisme auquel fait face le tribun Insoumis.

« C’est très compliqué pour Jean-Luc Mélenchon, qui espère être le principal candidat de la gauche au premier tour. Ça ne va plus du tout de soi », ajoute-t-il.

Analyse des rapports de force électoraux et du front républicain

Dès dimanche soir, les règlements de compte ont commencé chez les socialistes, François Hollande dénonçant « l’impasse » dans laquelle la « direction du PS » a, selon lui, mené le parti, en défendant « l’union pour l’union » sans pour autant définir « une ligne ».

Le chef des socialistes Olivier Faure a martelé que la « provocation outrancière » et « les dérapages antisémites » étaient « une voie sans issue », tout en exhortant la gauche à se rassembler.

Les fusions LFI-PS « mobilisent contre elles tous les électeurs des autres partis, centre, droite, extrême droite », souligne Mathieu Gallard. « En vue de 2027, ça montre bien qu’une gauche dans laquelle LFI est absolument centrale est potentiellement un handicap pour l’autre gauche », dit-il.

« L’année prochaine, nous pouvons ouvrir une nouvelle page de l’histoire de France », a toutefois assuré le coordinateur Insoumis Manuel Bompard.

De l’autre côté de l’échiquier, si son allié Éric Ciotti s’impose à Nice et s’il remporte plusieurs dizaines de victoire, à Carcassonne, Menton ou Castres, le Rassemblement national s’est de nouveau heurté au plafond de verre dans les grandes villes comme Toulon, Nîmes ou Marseille.

« Même dans des villes où le RN est historiquement très fort, la crainte liée au RN et donc le front républicain fonctionnent encore. Ce qu’on entend parfois, une victoire inéluctable du Rassemblement national (en 2027), ce n’est pas gagné », relève Mathieu Gallard.

Un premier sondage post-municipales place Jordan Bardella largement en tête des intentions de vote au premier tour de la présidentielle (35 à 36 %), devant Édouard Philippe (18 %). À gauche, le représentant de Place Publique Raphaël Glucksmann (14 %) est devant Jean-Luc Mélenchon (11 %).

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