Les sages-femmes dans la rue le 4 octobre pour défendre leur profession

19 sept. 2011
L'intersyndicale des sages-femmes appelle à une manifestation nationale à Paris le 4 octobre avec pour slogan « Sages-femmes maltraitées, naissances en danger » et, comme revendication, la revalorisation de la profession.

« Le métier des sages-femmes est une profession médicale, et peu connue pour son côté médical », a souligné vendredi lors d'une conférence Annie-Claude Ottan, de l'UFMICT-CGT. Actuellement, près de 20 000 sages-femmes exercent en France – leur nombre a quasiment doublé entre 1990 et 2010 –, soit une proportion de 57 sages-femmes pour 100 000 femmes, en-deçà de la moyenne de l'OCDE (72 pour 100 000). Elles travaillent principalement à lhôpital et réalisent les deux tiers des accouchements dans le secteur public. Elles peuvent aussi désormais réaliser des consultations de contraception et de suivi gynécologique de prévention. « Les petites maternités ferment au fur et à mesure, et donc on concentre les accouchements sur des énormes plateaux techniques. Or, on ne peut accompagner une maman dans une grosse usine à bébés comme on le fait dans une petite structure », a-t-elle résumé. « À effectif constant, il faut en faire plus, et cela entraîne une dégradation de la prise en charge », a-t-elle déploré. L'intersyndicale revendique donc une hausse des salaires et des effectifs, la création d'instituts universitaires en maïeutique, et, comme l'a préconisé la Cour des comptes dans son rapport annuel sur la Sécurité sociale, un renforcement de leur rôle auprès des femmes ne présentant aucun signe de pathologie, pendant la grossesse et après l'accouchement. Les sages-femmes libérales (environ 3 000) souhaitent, outre une revalorisation de leurs actes, « prendre toute leur place dans le suivi obstétrical et gynécologique des femmes en bonne santé » et défendent « une continuité dans le suivi : du pré au post-natal » et donc la possibilité de réaliser les accouchements de leurs patientes. « Outre le problème des rémunérations, c'est difficile de travailler car les femmes ne nous connaissent pas et manquent d'informations sur notre métier », explique Madeleine Moyroud, présidente de l'ANSFL (libéral). Face à l'hyper-technicité des accouchements, l'intersyndicale demande aussi une réelle expérimentation des maisons de naissance proposant un accouchement moins médicalisé.

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