Pour les « décrocheurs », une école du numérique pour se reconnecter

Éducation

Se former au codage informatique, devenir développeur, un métier très demandé, quand on est « décrocheur » : c’est le pari d’Eden School, une école pour les jeunes de 14 à 18 ans en rupture scolaire, qui vient d’ouvrir près de Lyon.

« Notre vocation, c’est le raccrochage, au sens le plus large du terme, de jeunes au parcours scolaire chaotique au collège, à qui nous voulons redonner l’envie d’apprendre », explique à l’AFP Ségolène de Montgolfier, cofondatrice à Villeurbanne, avec Pierre Maillet et Hélène Ribeiro, d’Eden School, qui a reçu mardi 24 octobre le label « campus numérique » de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

La formation dans cette école privée hors contrat au statut associatif dure deux ans, avec un niveau bac professionnel. Eden School est une école où les élèves « font pour apprendre » et reçoivent simultanément une formation générale.

Il n’existe pas à l’heure actuelle de bac professionnel qui forme au codage informatique.

Surtout, « ce n’est pas une orientation subie. Les jeunes admis dans l’école, qui doivent avoir au moins 14 ans et un niveau 3e, ont une vraie appétence pour le digital. La motivation est essentielle », souligne Mme de Montgolfier.

À leur sortie, ils pourront être des développeurs juniors ou poursuivre leurs études.

Développeur, c’est justement le métier le plus recherché dans la région avec deux-tiers de postes non pourvus. Son rôle ? Écrire des programmes, créer des sites web et des applications.

« Notre première promotion compte 18 élèves de 15 à 17 ans, venant de la région mais aussi de Bordeaux ou Nice. Nous avons déjà beaucoup de demandes pour l’an prochain », indique Mme de Montgolfier.

La sélection s’effectue en trois temps : une demi-journée consacrée à des exercices de code, via un jeu dédié à cet apprentissage, une semaine pendant laquelle ils franchissent des étapes (« badges ») dans l’écriture de codes, suivie d’un entretien avec le jeune et sa famille destiné à confirmer la motivation du candidat.

Les frais de scolarité varient de 0 à 800 euros par an, en fonction du quotient familial, « alors que le coût réel de la formation est d’environ 15 000 euros. Nous y parvenons grâce à des entreprises mécènes, une subvention de fonctionnement de la région et nos ateliers de production », qui facturent leurs prestations, souligne Mme de Montgolfier.

« Pas de notes pour nos élèves, la satisfaction du client les motive. Et nous validons leurs acquis et leurs compétences ».

Juliette Jarry, vice-présidente de la région chargée du numérique, souligne de son côté « la forte employabilité » de ces profils.

Dans la région, « il manque plusieurs milliers de personnes qualifiées dans les métiers du numérique. C’est pourquoi nous soutenons ces formations et portons le projet de campus numérique à Lyon et hors les murs ».

 

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Posté le par Rédaction Weka

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