Projet de réduction du congé parental : l’Unaf pas d’accord

Enfance et famille

Si l’Unaf est favorable à une meilleure égalité entre femme et homme, elle s’oppose à une méthode consistant « à faire peser la pression sur les seules familles qui prennent un congé parental ».

Le projet de loi Égalité femme-homme, présenté début juillet en Conseil des ministres, prévoit une réduction de la durée d’indemnisation du congé parental d’éducation à deux ans et demi, pour obliger les pères à prendre six mois de congé parental. Si l’Union nationale des associations familiales (Unaf) est favorable à une meilleure égalité entre femme et homme, « elle s’oppose à la méthode qui consiste à faire peser la pression sur les seules familles qui prennent un congé parental plutôt que de s’attaquer aux vraies causes ». Et de lister : inégalités salariales entre femmes et hommes, préjugés dans les entreprises sur la parentalité, manque d’information des pères sur le droit aux congés parentaux.

Selon l’Unaf, cette réforme « ampute le droit des familles et des parents salariés ». Par ailleurs, elle se révèlerait « très pénalisante pour les familles confrontées au manque de places d’accueil. Enfin, cette réforme « ne s’attaque pas au fond du problème, martèle l’Union. Il faut s’attaquer aux vraies raisons pour lesquelles si peu de pères ont recours au congé parental ».

L’Unaf préconise des mesures permettant « réellement aux pères de prendre leur place aux côtés de leurs enfants ». Au programme :

  1. Promouvoir auprès des pères le congé parental, notamment à temps partiel, qui permet de se maintenir dans l’emploi, tout en s’occupant de ses enfants ;
  2. Améliorer l’indemnisation du congé parental, en étendant le complément optionnel de libre choix d’activité (COLCA), réservé aux familles de 3 enfants, aux familles de 2 enfants ;
  3. Allonger le congé de paternité et le rendre obligatoire dans les entreprises ;
  4. Assouplir les conditions de prise du complément de libre choix d’activité (CLCA), avec des formules de fractionnement ou en passant à une logique plus souple de crédit temps.

« Sous couvert d’égalité », l’Unaf voit surtout, dans la réduction du congé parental, « une nouvelle mesure d’austérité pour les familles, déjà fortement mises à contribution ». Elle demandera donc aux parlementaires de « bien peser les conséquences de cette réforme sur les territoires, en termes de contraintes pour les familles, d’augmentation du chômage et de tension accrue sur les modes d’accueil ».

Posté le par

Recommander cet article

Réagissez à cet article sur le forum