René Ghibaudo

René Ghibaudo

Directeur d'hôpital hors classe honoraire, spécialiste et formateur en gestion RH médicales

Domaines d'expertise

Biographie professionnelle

Diplômé de l’école des hautes études en santé publique, René Ghibaudo est directeur d’hôpital hors classe honoraire.

Il a notamment exercé en qualité de directeur des ressources humaines dans un centre hospitalier du sud de la France et comme directeur des affaires médicales au centre hospitalier et universitaire de Nice.

Spécialiste de la gestion des ressources humaines médicales, il anime des sessions de formation continue dans ce domaine.

Publications récentes

  • Fiche pratique 5 mai 2026

    L’organisation des études odontologiques

    L’organisation des études odontologiques s’est progressivement restructurée au cours de ces dernières décennies, d’une part de façon spécifique en regard de l’évolution des pratiques et des techniques de soins propres à cette discipline, et d’autre part, et plus globalement, sous la nécessité d’adapter la réglementation nationale aux directives européennes visant à la reconnaissance mutuelle des diplômes. Il en est ainsi notamment de l’harmonisation des durées d’études dans le cadre du système dit « LMD » introduisant 3 niveaux de formation : licence, master, doctorat. Par ailleurs, et au-delà des adaptations portées à la nature et au volume des enseignements, cette restructuration a également affecté les modalités d’accès à ces études ainsi que les modalités de sélection au terme de la 1re année. Un rapide rappel des évolutions les plus marquantes en la matière permettra de mieux appréhender l’organisation actuelle des études odontologiques.

    #gestion administrative #formation #professionnel de santé
  • Fiche pratique 5 mai 2026

    Le statut des PU-PH des centres hospitaliers et universitaires des disciplines médicales, pharmaceutiques et odontologiques

    C’est l’ordonnance n° 58-1373 du 30 décembre 1958 relative à la création des centres hospitaliers et universitaires (CHU), à la réforme de l’enseignement médical et au développement de la recherche médicale, qui est à l’origine de l’organisation hospitalière et universitaire que nous connaissons aujourd’hui. C’est dans le cadre des conventions constitutives des CHU associant les centres hospitaliers régionaux (CHR) et les unités de formation et de recherche (UFR) de médecine, de pharmacie et d’odontologie qu’exercent les professeurs des universités-praticiens hospitaliers (PU-PH). La particularité de ces emplois est de dépendre de deux entités juridiques distinctes : le CHR et l’UFR de rattachement, d’où l’appellation courante de personnels « bi-appartenants ». Des évolutions statutaires récentes et novatrices - C’est au terme de restructurations statutaires plus ou moins ambitieuses, liées notamment aux progrès de la médecine et corrélativement à l’évolution des pratiques que ces derniers engendrent, mais également liées aux effets pervers du « numerus clausus », que les PU-PH des disciplines médicales, à savoir les disciplines cliniques, biologiques et mixtes, des disciplines pharmaceutiques et des disciplines odontologiques, sont aujourd’hui regroupés dans un statut unique. C’est dans le cadre de ce nouveau statut, qui impose désormais une activité à temps plein, que ces praticiens exercent une activité de soins, d’enseignement et de recherche. S’il est certain que ce statut unique issu du décret n° 2021-1645 du 13 décembre 2021 a eu principalement pour objectif de renforcer l’attractivité des carrières hospitalo-universitaires, il est non moins certain que plusieurs textes postérieurs se sont encore inscrits dans cette dynamique, à savoir : Les décrets n° 2024-765 et n° 2024-767 du 8 juillet 2024 - Ces textes ont eu pour objet de mettre un terme à une situation jugée inéquitable par les personnels enseignants et hospitaliers titulaires, à savoir que les émoluments hospitaliers ne généraient qu’une cotisation à la retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP) prélevée sur les rémunérations universitaires. Ainsi, depuis le 1er septembre 2024, les PU-PH bénéficient d’un régime de retraite complémentaire plus favorable car, à compter de cette date, ils cotisent à l’institution de retraite complémentaire des agents non-titulaires de l’État et des collectivités publiques (Ircantec) sur un pourcentage de leurs émoluments hospitaliers et de leurs primes et indemnités. Les taux de la cotisation salariée et de la cotisation patronale, dérogatoires, sont spécifiques au statut. Les cotisations sont prélevées par l’établissement employeur. Le décret n° 2024-940 du 16 octobre 2024 - Parmi les diverses modifications statutaires apportées par ce texte et qui sont également de nature à favoriser l’attractivité des carrières hospitalo-universitaires, on note principalement les dispositions de l’article 14 qui ouvrent l’exercice à temps partiel pour convenances personnelles aux PU-PH ainsi qu’aux autres membres titulaires du personnel enseignant et hospitalier. On note également les dispositions de l’article 30 facilitant l’accès au concours de PU-PH, par l’assouplissement de la condition de mobilité et celles des articles 25 à 27 relatives à la dispense d’habilitation à diriger les recherches. D’autres mesures d’assouplissement également attendues par ces personnels ont pour objet d’enrichir le parcours professionnel de ces praticiens en facilitant le placement en position de délégation, ainsi qu’en position de mission temporaire. L’exercice dans un établissement privé lié par convention à un CHU est également facilité dans le cadre d’une mise à disposition permanente. Enfin, dans le but de permettre à ces praticiens de mieux concilier les exigences d’un exercice professionnel contraignant avec celles d’une vie familiale, certains congés liés à des situations personnelles spécifiques sont désormais accessibles. L’arrêté du 8 juillet 2025 portant diverses dispositions relatives à l’organisation et à l’indemnisation de la permanence des soins dans les établissements publics de santé et dans les établissements publics d’hébergement pour personnes âgées dépendantes - Les précisions apportées par l’instruction n° DGOS/RH5/2025/92 du 27 août 2025 qui complète et éclaire ce texte confirment bien que les dispositions ayant pour objet de simplifier et de renforcer l’indemnisation des astreintes induisent corrélativement une meilleure prise en compte de la durée et de la pénibilité de l’activité réalisée dans le cadre de la permanence des soins. S’il est certain que cette prise en compte ne fait pas partie des enjeux explicitement affichés par cette instruction, il est non moins certain que l’intégration dans les obligations de service, des temps de déplacement et d’intervention en astreinte a corrélativement pour effet de réduire sensiblement le temps de travail des PU-PH. En effet, antérieurement à cette réforme, ces temps de déplacement et d’intervention étaient effectués et décomptés en plus des obligations statutaires pour être rémunérés dans le cadre d’indemnités de garde et de demi-garde. Parallèlement, ce texte a introduit de nouvelles mesures de récupération ainsi que des dispositions de nature à mesurer et surveiller l’éventuel dépassement de la durée maximale de temps de travail hebdomadaire afin « d’intervenir si la santé et la sécurité des praticiens sont affectées ». Il en est ainsi de l’obligation qui est faite au directeur d’établissement de réaliser avec la commission d’organisation pour la permanence des soins (Cops) et la commission médicale d’établissement (CME) une évaluation annuelle du dispositif et de la transmettre au conseil de surveillance et au directeur général de l’agence régionale de santé (ARS). C’est au regard de l’impact de ces diverses mesures sur l’activité des personnels enseignants et hospitaliers en général et des PU-PH en particulier, que l’on peut considérer que cette réforme contribue également à renforcer l’attractivité des carrières hospitalo-universitaires. En tout état de cause, au-delà de ces mesures d’application concrètes dont l’impact sur l’attractivité de la profession ne produira ses effets que progressivement, c’est principalement la reconnaissance implicite d’un certain niveau de pénibilité dans la participation des praticiens à la permanence des soins qui constitue l’avancée statutaire la plus significative. Le fait que ce niveau de pénibilité transparaisse en filigrane et en arrière-plan des réflexions sur l’organisation de la permanence des soins confère à ce concept nouveau une dimension stratégique, jusque-là méconnue ou du moins insuffisamment prise en considération. C’est dans ce contexte et pour affirmer plus clairement la volonté de prendre pleinement en compte la pénibilité des activités médicales qui est étroitement liée au temps de travail réalisé, que l’instruction n° DGOS/SDRH/RH5/2025/170 du 30 décembre 2025 relative au temps de travail des personnels médicaux, odontologiques et pharmaceutiques des établissements publics de santé a été publiée. Ce texte donne, en particulier, des indications précises sur les dispositions d’ordre organisationnel et matériel que les établissements doivent mettre en œuvre pour s’assurer que la limite maximale d’activité hebdomadaire de 48 heures ne soit pas dépassée. Une gestion partagée entre l’échelon local et l’échelon national - Les emplois de personnels enseignants et hospitaliers titulaires, dont font partie les PU-PH sont gérés d’une façon que l’on peut qualifier de conjointe entre l’échelon national représenté par le CNG et l’échelon local, à savoir les CHU, en raison de leur étroite interdépendance. Opérations gérées à l’échelon national Les opérations de gestion assurées par le CNG au nom du ministre chargé de la Santé se répartissent selon trois grandes catégories qui se déclinent elles-mêmes en un certain nombre de composantes limitativement énumérées à l’article 1er de l’arrêté du 18 octobre 2023 modifié relatif aux opérations de gestion des personnels enseignants et hospitaliers des centres hospitaliers et universitaires et des personnels enseignants et hospitaliers des centres de soins, d’enseignement et de recherche dentaires des centres hospitaliers et universitaires exercées par le Centre national de gestion au nom du ministre chargé de la Santé, à savoir : certaines opérations relatives au recrutement ; certaines opérations liées à l’exercice des fonctions et au déroulement de la carrière ; certaines opérations relatives à la discipline et à l’insuffisance professionnelle. Opérations gérées à l’échelon local Pour les PU-PH, les opérations de gestion assurées par les présidents des universités par délégation du ministre chargé de l’Enseignement supérieur sont limitativement mentionnées dans l’article 1er de l’arrêté du 29 décembre 2021 modifié portant délégation de gestion de pouvoirs en matière de recrutement et de gestion du personnel enseignant et hospitalier des centres hospitaliers et universitaires et du personnel enseignant de médecine général. En application de l’arrêté du 16 décembre 2024 modifiant l’arrêté du 29 décembre 2021 mentionné ci-dessus, elles concernent exclusivement 19 points au nombre desquels figurent notamment : le classement dans le corps, les avancements d’échelon et de grade, les mises en disponibilité, le maintien en fonctions au-delà de l’âge limite… l’octroi ou le renouvellement de congés et d’autorisations d’absence. À ce sujet, il convient de noter que ces droits statutaires sont appliqués dans les conditions dont bénéficient leurs confrères exerçant sous le statut de praticien hospitalier, à savoir celles prévues par le 8° de l’article R. 6152-35 du Code de la santé publique. Pour les PU-PH et au même titre que pour l’ensemble des personnels enseignants et hospitaliers, les CHU ont pour mission d’assurer localement l’accompagnement des candidats dans l’accès aux emplois hospitalo-universitaires et par la suite leur progression de carrière en lien avec leur projet professionnel. Ces opérations d’incitation conduites par les CHU découlent de l’application des dispositions de l’instruction interministérielle n° DGOS/RH5/DGRH/2023/83 du 24 juillet 2023 relative à la mise en œuvre, par les centres hospitaliers et universitaires, de mesures tendant à l’accompagnement des candidats à une carrière hospitalo-universitaire. Un outil innovant pour une gestion partagée Le contexte Pour mettre en œuvre ses politiques publiques en matière de ressources humaines, le ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées a ressenti le besoin de disposer de données de pilotage local et territorial. C’est à cette fin que le Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière (CNG) a développé l’outil « LogimedH ». L’objet de l’outil LogimedH Il s’agit d’un outil permettant le pilotage des ressources humaines médicales dans le cadre d’un processus de gestion conjointe entre le CNG, les agences régionales de santé (ARS) et les établissements publics de santé (EPS). Sa mise en œuvre est facilitée par la diffusion d’informations partagées et fiables car issues d’une intégration automatique de données. Il cible en particulier la gestion et le suivi des postes des personnels médicaux et de leurs affectations. Le développement de cet outil et de ses évolutions ultérieures s’inscrit dans la perspective d’une gestion mutualisée au niveau des groupements hospitaliers de territoire (GHT) et dans le soutien à la mise en place des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS). Les emplois médicaux concernés Pour les personnels enseignants et hospitaliers, sont principalement concernés les personnels titulaires, au titre desquels figurent les PU-PH.  Pour bien apprécier la portée de l’outil, il convient de préciser que sont également pris en compte les emplois de PHU, ces derniers étant occupés par des praticiens hospitaliers détachés en cette qualité et que les CCU-AH, les AHU ne sont pas concernés. Pour les internes en médecine, en odontologie et en pharmacie, le domaine spécifique de l’application qui leur est dédié autorise la saisie et le suivi de leurs affectations successives au titre des stages formateurs qu’ils doivent effectuer. Sont aussi concernés certains personnels dits « mono-appartenant », au nombre desquels figurent les praticiens hospitaliers des disciplines médicales, odontologiques et pharmaceutiques et certains personnels exerçant sous contrat public. Le déploiement de l’outil Le déploiement de l’outil s’effectue de manière progressive dans les EPS qui accèdent à LogimedH par l’intermédiaire d’une interface appropriée intégrée à leur outil de gestion des ressources humaines. L’application est en cours de déploiement sur l’ensemble des 17 ARS, 135 GHT et concerne déjà plus de 700 établissements en phase de gestion active. Dans la phase de déploiement en cours, cet outil autorise la diffusion d’informations partagées et fiables car issues d’une intégration automatique de données, indispensables pour la réalisation des tours de recrutement des personnels enseignants et hospitaliers concernés. Les mesures d’accompagnement au déploiement de l’outil Afin de soutenir sa dynamique de diffusion, il est prévu un accompagnement financier pour les EPS ayant connecté leur logiciel de gestion des ressources humaines à LogimedH. Plus précisément, il s’agit des établissements qui, à la date de la publication de la note d’information n° DNS/DGOS/RH5/2026/21 du 10 mars 2026 relative au soutien financier des établissements, ont mis en place l’outil LogimedH préalablement paramétré et l’utilisent de façon courante. Ces établissements sont éligibles au financement lié aux actions de mise à jour des données. Afin de déterminer les montants alloués à chaque objectif, le CNG dispose, d’une part, d’une liste des établissements interfacés et, d’autre part, des établissements publics de santé engagés dans les trois actions d’amélioration des données, en qualité et en quantité. Selon la taille des établissements et leur avancée dans la mise à jour de l’outil, les sommes susceptibles d’être allouées varient de 500 € à 3 000 €.

    #rémunération #statut #praticien hospitalier
  • Fiche pratique 5 mai 2026

    Le statut du personnel enseignant et hospitalier des disciplines médicales, pharmaceutiques et odontologiques

    C’est l’ordonnance n° 58-1373 du 30 décembre 1958 relative à la création des centres hospitaliers et universitaires (CHU), à la réforme de l’enseignement médical et au développement de la recherche médicale, qui est à l’origine de l’organisation hospitalière et universitaire que nous connaissons aujourd’hui. C’est dans le cadre des conventions constitutives des CHU associant les centres hospitaliers régionaux (CHR) et les unités de formation et de recherche (UFR) de médecine, de pharmacie et d’odontologie qu’exercent les personnels enseignants et hospitaliers des CHU. La particularité de ces personnels est de dépendre de deux employeurs : le centre hospitalier et l’université de rattachement, d’où l’appellation courante de personnels « bi-appartenants ». Des évolutions statutaires récentes et novatrices - C’est au terme de restructurations statutaires plus ou moins ambitieuses, liées notamment aux progrès de la médecine et corrélativement à l’évolution des pratiques que ces derniers engendrent, mais également liées aux effets pervers du « numerus clausus », que les praticiens enseignants et hospitaliers sont aujourd’hui regroupés dans un statut unique. En vertu de ce nouveau statut, qui impose désormais une activité à temps plein, ces personnels exercent dans le cadre des disciplines médicales, au sein desquelles on distingue les disciplines cliniques, biologiques et mixtes, ainsi qu’au sein des disciplines pharmaceutiques et odontologiques. S’il est certain que ce statut unique issu du décret n° 2021-1645 du 13 décembre 2021 a eu principalement pour objectif de renforcer l’attractivité des carrières hospitalo-universitaires il est non moins certain que plusieurs textes postérieurs se sont encore inscrits dans cette dynamique, à savoir : Les décrets n° 2024-765 et n° 2024-767 du 8 juillet 2024 - Ces textes ont eu pour objet de mettre un terme à une situation jugée inéquitable par les personnels titulaires, à savoir que les émoluments hospitaliers ne généraient qu’une cotisation à la retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP) prélevée sur les rémunérations universitaires. Ainsi, depuis le 1er septembre 2024, les PU-PH et les MCU-PH bénéficient d’un régime de retraite complémentaire plus favorable car, à compter de cette date, ils cotisent à l’institution de retraite complémentaire des agents non-titulaires de l’État et des collectivités publiques (Ircantec) sur un pourcentage de leurs émoluments hospitaliers et de leurs primes et indemnités. Les taux de la cotisation salariée et de la cotisation patronale, dérogatoires, sont spécifiques au statut. Les cotisations sont prélevées par l’établissement employeur. Le décret n° 2024-940 du 16 octobre 2024 - Parmi les diverses modifications statutaires apportées par ce texte et qui sont également de nature à favoriser l’attractivité des carrières hospitalo-universitaires, on note principalement les dispositions de l’article 14, du 2° de l’article 36 et du 2° de l’article 39 qui ouvrent l’exercice à temps partiel pour convenances personnelles à tous les membres du personnel enseignant et hospitalier. On note également les dispositions de l’article 30 facilitant l’accès au concours de PU-PH, par l’assouplissement de la condition de mobilité et celles des articles 25 à 27 relatives à la dispense d’habilitation à diriger les recherches. D’autres mesures d’assouplissement également attendues par ces personnels ont pour objet d’enrichir le parcours professionnel de ces praticiens en facilitant le placement en position de délégation, ainsi qu’en position de mission temporaire. L’exercice dans un établissement privé lié par convention à un CHU est également facilité dans le cadre d’une mise à disposition permanente. Enfin, dans le but de permettre à ces praticiens de mieux concilier les exigences d’un exercice professionnel contraignant avec celles d’une vie familiale, certains congés liés à des situations personnelles spécifiques sont désormais accessibles. L’arrêté du 8 juillet 2025 portant diverses dispositions relatives à l’organisation et à l’indemnisation de la permanence des soins dans les établissements publics de santé et dans les établissements publics d’hébergement pour personnes âgées dépendantes - Les précisions apportées par l’instruction n° DGOS/RH5/2025/92 du 27 août 2025 qui complète et éclaire ce texte confirment bien que les dispositions ayant pour objet de simplifier et de renforcer l’indemnisation des astreintes induisent corrélativement une meilleure prise en compte de la durée et de la pénibilité de l’activité réalisée dans le cadre de la permanence des soins. S’il est certain que cette prise en compte ne fait pas partie des enjeux explicitement affichés par cette instruction, il est non moins certain que l’intégration dans les obligations de service des temps de déplacement et d’intervention en astreinte a corrélativement pour effet de réduire sensiblement le temps de travail des personnels enseignants et hospitaliers. En effet, antérieurement à cette réforme, ces temps de déplacement et d’intervention étaient effectués et décomptés en plus des obligations statutaires pour être rémunérés dans le cadre d’indemnités de garde et de demi-garde. Parallèlement, ce texte a introduit de nouvelles mesures de récupération ainsi que des dispositions de nature à mesurer et surveiller l’éventuel dépassement de la durée maximale de temps de travail hebdomadaire afin « d’intervenir si la santé et la sécurité des praticiens sont affectées ». Il en est ainsi de l’obligation qui est faite au directeur d’établissement de réaliser avec la commission d’organisation de la permanence des soins (Cops) et la commission médicale d'établissement (CME) une évaluation annuelle du dispositif et de la transmettre au conseil de surveillance et au directeur général de l’agence régionale de santé (ARS). C’est au regard de l’impact de ces diverses mesures sur l’activité des personnels enseignants et hospitaliers que l’on peut considérer que cette réforme contribue également à renforcer l’attractivité des carrières hospitalo-universitaires. En tout état de cause, au-delà de ces mesures d’application concrètes dont l’impact sur l’attractivité de la profession ne produira ses effets que progressivement, c’est principalement la reconnaissance implicite d’un certain niveau de pénibilité dans la participation des praticiens à la permanence des soins qui constitue l’avancée statutaire la plus significative. Le fait que ce niveau de pénibilité transparaisse en filigrane et en arrière-plan des réflexions sur l’organisation de la permanence des soins confère à ce concept nouveau une dimension stratégique jusque-là méconnue ou du moins insuffisamment prise en considération. C’est dans ce contexte, et pour affirmer plus clairement la volonté de prendre pleinement en compte la pénibilité des activités médicales qui est étroitement liée au temps de travail réalisé, que l’instruction n° DGOS/SDRH/RH5/2025/170 du 30 décembre 2025 relative au temps de travail des personnels médicaux, odontologiques et pharmaceutiques des établissements publics de santé a été publiée. Ce texte donne en particulier des indications précises sur les dispositions d’ordre organisationnel et matériel que les établissements doivent mettre en œuvre pour s’assurer que la limite maximale d’activité hebdomadaire de 48 heures ne soit pas dépassée. Une gestion partagée entre l’échelon local et l’échelon national - Les emplois de personnels enseignants et hospitaliers titulaires, à savoir les PU-PH et les MCU-PH sont gérés d’une façon que l’on peut qualifier de conjointe entre l’échelon national représenté par le CNG et l’échelon local, à savoir les CHU, en raison de leur étroite interdépendance. Opérations gérées à l’échelon national Les opérations de gestion assurées par le CNG au nom du ministre chargé de la Santé se répartissent selon trois grandes catégories qui se déclinent elles-mêmes en un certain nombre de composantes limitativement énumérées à l’article 1er de l’arrêté du 18 octobre 2023 modifié relatif aux opérations de gestion des personnels enseignants et hospitaliers des centres hospitaliers et universitaires et des personnels enseignants et hospitaliers des centres de soins, d’enseignement et de recherche dentaires des centres hospitaliers et universitaires exercées par le Centre national de gestion au nom du ministre chargé de la Santé, à savoir : certaines opérations relatives au recrutement ; certaines opérations liées à l’exercice des fonctions et au déroulement de la carrière ; certaines opérations relatives à la discipline et à l’insuffisance professionnelle. Opérations gérées à l’échelon local Pour les personnels enseignants et hospitaliers titulaires, les opérations de gestion assurées par les présidents des universités par délégation du ministre chargé de l’Enseignement supérieur sont limitativement mentionnées dans l’arrêté du 29 décembre 2021 portant délégation de gestion de pouvoirs en matière de recrutement et de gestion du personnel enseignant et hospitalier des centres hospitaliers et universitaires et du personnel enseignant de médecine général. Elles concernent notamment : le classement dans le corps, les avancements de grade et d’échelon… l’octroi ou le renouvellement des congés, des autorisations d’absence, des aménagements d’horaires… l’octroi des positions de détachement, de mise en disponibilité, de maintien en fonctions au-delà de l’âge limite de l’activité dans l’emploi... Pour l’ensemble des personnels enseignants et hospitaliers, les CHU ont pour mission d’assurer localement l’accompagnement des candidats dans l’accès aux emplois hospitalo-universitaires et par la suite leur progression de carrière en lien avec leur projet professionnel. Ces opérations d’incitation conduites par les CHU découlent de l’application des dispositions de l’instruction interministérielle n° DGOS/RH5/DGRH/2023/83 du 24 juillet 2023 relative à la mise en œuvre, par les centres hospitaliers et universitaires, de mesures tendant à l’accompagnement des candidats à une carrière hospitalo-universitaire. Une gestion essentiellement locale - La gestion des PHU qui sont des personnels temporaires et des CCU-AH et des AHU qui sont des personnels non titulaires est assurée par l’échelon local, à savoir conjointement par le directeur général du CHU et le président de l’université. Un outil innovant pour une gestion partagée Le contexte Pour mettre en œuvre ses politiques publiques en matière de ressources humaines, le ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées a ressenti le besoin de disposer de données de pilotage local et territorial. C’est à cette fin que le Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière (CNG) a développé l’outil « LogimedH ». L’objet de l’outil LogimedH Il s’agit d’un outil permettant le pilotage des ressources humaines médicales dans le cadre d’un processus de gestion conjointe entre le CNG, les agences régionales de santé (ARS) et les établissements publics de santé (EPS). Sa mise en œuvre est facilitée par la diffusion d’informations partagées et fiables car issues d’une intégration automatique de données. Il cible en particulier la gestion et le suivi des postes des personnels médicaux et de leurs affectations. Le développement de cet outil et de ses évolutions ultérieures s’inscrit dans la perspective d’une gestion mutualisée au niveau des groupements hospitaliers de territoire (GHT) et dans le soutien à la mise en place des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS). Les emplois médicaux concernés Pour les personnels enseignants et hospitaliers, sont concernés les personnels titulaires, à savoir les PU-PH et les MCU-PH. Sont également pris en compte dans l’outil, les emplois de PHU, ces derniers étant occupés par des praticiens hospitaliers détachés en cette qualité. Les CCU-AH et les AHU ne sont pas concernés. Pour les internes en médecine, en odontologie et en pharmacie, le domaine spécifique de l’application qui leur est dédié autorise la saisie et le suivi de leurs affectations successives au titre des stages formateurs qu’ils doivent effectuer. Pour bien apprécier la portée de l’outil, il convient de préciser que sont concernés certains personnels dits « mono-appartenant », au nombre desquels figurent les praticiens hospitaliers des disciplines médicales, odontologistes et pharmaceutiques et certains personnels exerçant sous contrat public. Le déploiement de l’outil Le déploiement de l’outil s’effectue de manière progressive dans les EPS qui accèdent à LogimedH par l’intermédiaire d’une interface appropriée intégrée à leur outil de gestion des ressources humaines. L’application est en cours de déploiement sur l’ensemble des 17 ARS, 135 GHT et concerne déjà plus de 700 établissements en phase de gestion active. Dans la phase de déploiement en cours, cet outil autorise la diffusion d’informations partagées et fiables car issues d’une intégration automatique de données, indispensables pour la réalisation des tours de recrutement des personnels enseignants et hospitaliers concernés. Les mesures d’accompagnement au déploiement de l’outil Afin de soutenir sa dynamique de diffusion, il est prévu un accompagnement financier pour les EPS ayant connecté leur logiciel de gestion des ressources humaines à LogimedH. Plus précisément, il s’agit des établissements qui, à la date de la publication de la note d’information n° DNS/DGOS/RH5/2026/21 du 10 mars 2026 relative au soutien financier des établissements, ont mis en place l’outil LogimedH préalablement paramétré et l’utilisent de façon courante. Ces établissements sont éligibles au financement lié aux actions de mise à jour des données. Afin de déterminer les montants alloués à chaque objectif, le CNG dispose, d’une part, d’une liste des établissements interfacés et, d’autre part, des établissements publics de santé engagés dans les trois actions d’amélioration des données, en qualité et en quantité. Selon la taille des établissements et leur avancée dans la mise à jour de l’outil, les sommes susceptibles d’être allouées varient de 500 € à 3 000 €.

    #rémunération #statut #professionnel de santé
  • Fiche pratique 5 mai 2026

    Nouveau statut des praticiens contractuels

    Les praticiens contractuels bénéficient, à compter du 7 février 2022, d’un nouveau cadre statutaire découlant de la volonté de fluidifier les interactions entre la ville et l’hôpital pour apporter davantage d’attractivité aux carrières médicales hospitalières. Cette réforme découle également de la volonté de simplifier et d’adapter les conditions et les motifs de recrutement par contrat pour mieux répondre aux besoins des établissements, notamment dans les spécialités où ces derniers rencontrent le plus de difficultés à recruter, et pour faciliter l’intervention des professionnels libéraux à l’hôpital. Les praticiens contractuels des disciplines médicales, pharmaceutiques et odontologiques peuvent exercer leur activité dans un ou plusieurs établissements publics de santé dont le ressort peut être communal, intercommunal, départemental, régional, interrégional ou national. Ils peuvent également exercer dans un cadre mixte, partagé entre une structure hospitalière et un exercice ambulatoire libéral ou salarié en application de la mesure « 400 postes de médecins généralistes dans les territoires prioritaires ». Dans les centres hospitaliers universitaires (CHU), ces praticiens exercent leur activité sur des emplois placés hors du champ d’application des dispositions afférentes aux CHU. Les praticiens contractuels sont des ressortissants français ou de certaines nationalités étrangères qui remplissent les conditions légales d’exercice de leur profession en France, et qui sont inscrits au tableau de l’ordre dont ils relèvent. Il peut s’agir également d’étudiants de 3e cycle des études de médecine, de pharmacie et d’odontologie ou de docteurs juniors, autorisés sous certaines conditions à effectuer des remplacements dans les établissements de santé et recrutés en qualité de praticien contractuel en application de dispositions réglementaires récentes.

    #position statutaire #praticien hospitalier
  • Fiche pratique 5 mai 2026

    Le statut des praticiens associés

    Les praticiens associés sont des médecins, des chirurgiens-dentistes ou des pharmaciens titulaires de diplômes obtenus dans un État non membre de l’Union européenne, ou non conformes à la directive européenne 2005/36/CE du 7 septembre 2005 relative à la reconnaissance des qualifications professionnelles, et qui en vue d’exercer la médecine en France sont tenus d’accomplir un parcours de consolidation des compétences. Les praticiens associés exercent leurs fonctions par délégation, sous la responsabilité directe du praticien responsable de la structure dont ils relèvent ou de l’un de ses collaborateurs médecin, chirurgien, odontologiste ou pharmacien. Les praticiens associés appartiennent à la catégorie de personnels médicaux non titulaires.

    #statut #établissement de santé #praticien hospitalier
  • Fiche pratique 5 mai 2026

    Le statut des praticiens hospitaliers universitaires des disciplines médicales, pharmaceutiques et odontologiques

    C’est l’ordonnance n° 58-1373 du 30 décembre 1958 relative à la création des centres hospitaliers et universitaires (CHU), à la réforme de l’enseignement médical et au développement de la recherche médicale, qui est à l’origine de l’organisation hospitalière et universitaire que nous connaissons aujourd’hui. C’est dans le cadre des conventions constitutives des CHU associant les centres hospitaliers régionaux (CHR) et les unités de formation et de recherche (UFR) de médecine, de pharmacie et d’odontologie qu’exercent les praticiens hospitaliers universitaires (PHU) des CHU. La particularité de ces personnels est de dépendre de deux employeurs : le centre hospitalier et l’université de rattachement, d’où l’appellation courante de personnels « bi-appartenants ». Des évolutions statutaires récentes et novatrices - C’est au terme de restructurations statutaires plus ou moins ambitieuses, liées notamment aux progrès de la médecine et corrélativement à l’évolution des pratiques que ces derniers engendrent, mais également liées aux effets pervers du « numerus clausus », que les PHU sont aujourd’hui susceptibles d’être recrutés dans les disciplines pharmaceutiques et odontologiques. En vertu de ce nouveau statut, qui impose désormais une activité à temps plein, ces personnels exercent dans le cadre des disciplines médicales, au sein desquelles on distingue les disciplines cliniques, biologiques et mixtes, ainsi qu’au sein des disciplines pharmaceutiques et odontologiques. S’il est certain que ce statut unique issu du décret n° 2021-1645 du 13 décembre 2021 a eu principalement pour objectif de simplifier le déroulement de carrière hospitalo-universitaire et de renforcer leur attractivité, il est non moins certain que le déret modificatif n° 2024-940 du 16 octobre 2024 s’inscrit également dans cette dynamique. En effet, parmi les diverses modifications statutaires apportées par ce texte et qui sont également de nature à favoriser l’attractivité des carrières hospitalo-universitaires, on note principalement les dispositions du 2° de l’article 36 du décret n° 2024-940 du 16 octobre 2024 qui ouvrent l’exercice à temps partiel pour convenances personnelles aux PHU. On note également les dispositions de l’article 30 facilitant l’accès des PHU et des anciens PHU au concours de PU-PH ouvert par l’assouplissement de la condition de mobilité et celles des articles 25 à 27 relatives à la dispense d’habilitation à diriger les recherches. D’autres mesures d’assouplissement également attendues par ces personnels découlent de l’article 12. Elles ont pour objet d’enrichir le parcours professionnel de ces praticiens en facilitant le placement en position de mission temporaire dans le cadre d’une utilisation anticipée de périodes en contrepartie d’un engagement à servir. En application des dispositions du 1° de l’article 5, l’exercice dans un établissement privé lié par convention à un CHU est également facilité dans le cadre d’une mise à disposition permanente mentionnée dans les actes de nomination et de titularisation. Plus récemment, on doit citer l’arrêté du 8 juillet 2025 portant diverses dispositions relatives à l’organisation et à l’indemnisation de la permanence des soins dans les établissements publics de santé et dans les établissements publics d’hébergement pour personnes âgées dépendantes. Les précisions apportées par l’instruction n° DGOS/RH5/2025/92 du 27 août 2025 qui complète et éclaire ce texte confirment bien que les dispositions ayant pour objet de simplifier et de renforcer l’indemnisation des astreintes induisent corrélativement une meilleure prise en compte de la durée et de la pénibilité de l’activité réalisée dans le cadre de la permanence des soins. S’il est certain que cette prise en compte ne fait pas partie des enjeux explicitement affichés par cette instruction, il est non moins certain que l’intégration dans les obligations de service des temps de déplacement et d’intervention en astreinte a corrélativement pour effet de réduire sensiblement le temps de travail des praticiens hospitaliers universitaires. En effet, antérieurement à cette réforme, ces temps de déplacement et d’intervention étaient effectués et décomptés en plus des obligations statutaires pour être rémunérés dans le cadre d’indemnités de garde et de demi-garde. Parallèlement, ce texte a introduit de nouvelles mesures de récupération ainsi que des dispositions de nature à mesurer et surveiller l’éventuel dépassement de la durée maximale de temps de travail hebdomadaire afin « d’intervenir si la santé et la sécurité des praticiens sont affectées ». Il en est ainsi de l’obligation qui est faite au directeur d’établissement de réaliser avec la commission d’organisation de la permanence des soins (Cops) et la commission médicale d’établissement (CME) une évaluation annuelle du dispositif et de la transmettre au conseil de surveillance et au directeur général de l’agence régionale de santé (ARS). C’est au regard de l’impact de ces diverses mesures sur l’activité des personnels enseignants et hospitaliers en général, et des PHU en particulier, que l’on peut considérer que cette réforme contribue également à renforcer l’attractivité des carrières hospitalo-universitaires. En tout état de cause, au-delà de ces mesures d’application concrètes dont l’impact sur l’attractivité de la profession ne produira ses effets que progressivement, c’est principalement la reconnaissance implicite d’un certain niveau de pénibilité dans la participation des praticiens à la permanence des soins qui constitue l’avancée statutaire la plus significative. Le fait que ce niveau de pénibilité transparaisse en filigrane et en arrière-plan des réflexions sur l’organisation de la permanence des soins confère à ce concept nouveau une dimension stratégique jusque-là méconnue ou du moins insuffisamment prise en considération. C’est dans ce contexte, et pour affirmer plus clairement la volonté de prendre pleinement en compte la pénibilité des activités médicales qui est étroitement liée au temps de travail réalisé, que l’instruction n° DGOS/SDRH/RH5/2025/170 du 30 décembre 2025 relative au temps de travail des personnels médicaux, odontologiques et pharmaceutiques des établissements publics de santé a été publiée. Ce texte donne en particulier des indications précises sur les dispositions d’ordre organisationnel et matériel que les établissements doivent mettre en œuvre pour s’assurer que la limite maximale d’activité hebdomadaire de 48 heures ne soit pas dépassée.

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