« C’est une cacophonie complète », insiste auprès de l’AFP Christelle Kauffmann, secrétaire générale adjointe du principal syndicat de chefs d’établissements, le SNPDEN-Unsa.
« Hors sol de banaliser une journée »
« On ne le mettra pas en œuvre ni demain, ni après-demain. On ne sera pas en ordre de fonctionnement, d’autant que les établissements sont plus ou moins chahutés », a-t-elle ajouté, soulignant que les « temps démocratiques on sait les organiser, mais pas tout en même temps ».
« Nos collègues sont épuisés, ont été exposés, ont subi de graves violences ces derniers jours. Quand est-ce que les collègues vont préparer cela ? C’est assez hors sol de nous demander de banaliser une journée », a réagi Agnès Andersen, secrétaire générale du syndicat de chefs établissements ID-FO, sollicité par l’AFP.
« L’équipe de direction se retrouve seule et va réunir l’ensemble des délégués ? Ça demande à être préparé, il y a beaucoup d’élèves dans les lycées », a-t-elle ajouté, souhaitant « que ce soit le ministère qui prenne ses responsabilités ».
« On va demander aux élèves d’écrire ? Tout ça n’est pas à la hauteur de la crise que nous traversons et irrespectueux de notre profession », a-t-elle ajouté, jugeant que « le gouvernement est en train de pousser tout le monde à bout ».
« Temps de démocratie interne »
Alors que le mouvement des lycéens, parti mi-septembre de région parisienne, s’est désormais installé partout en France, le gouvernement a annoncé un « temps de démocratie interne » avec les élèves dans les prochains jours.
« Dès mercredi matin, dès jeudi, dès vendredi, banalisation complète des emplois du temps pour permettre à chaque équipe de direction, à chaque proviseur, d’avoir un temps de démocratie interne au sein du lycée », a affirmé le Premier ministre Sébastien Lecornu devant l’Assemblée nationale.
Le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a précisé qu’il s’agirait d’une « demi-journée banalisée dans tous les établissements de France », à partir de mercredi, dans les établissements qui peuvent rouvrir.
Dans un courrier adressé mardi 6 octobre aux recteurs, M. Geffray les appelle à organiser « une reprise des enseignements dans les meilleures conditions, tout en offrant aux élèves un espace pour exprimer leurs préoccupations » et « attentes ».
Dans les établissements les plus perturbés, il leur demande de privilégier une reprise « progressive », « en commençant par les classes de terminale ». « La première demi-journée pourra être banalisée, en adaptant son organisation aux configurations et aux contraintes locales, notamment en matière de transport scolaire ou d’internat », écrit-il.
Le ministre propose une reprise en « deux temps » : un premier « destiné aux équipes de direction et aux personnels, afin de leur permettre de se retrouver » et « préparer collectivement » la suite, et un second consacré à « l’échange avec les élèves ».
Le ministère veut ainsi « réaffirmer auprès des élèves l’importance de la représentation démocratique », les inviter « à porter leurs propositions dans les espaces de dialogue du lycée » et « à participer à la consultation nationale » ouverte en ligne jusqu’au 23 octobre.
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