Education prioritaire: syndicats et parents d’élèves saluent une « relance »

Éducation

La communauté éducative a salué mercredi une « relance » de l’éducation prioritaire, après l’annonce par le gouvernement d’une réforme alliant temps libéré pour le travail en commun des enseignants, revalorisation des primes et « actions pédagogiques innovantes ».

« Il y a une relance de l’éducation prioritaire, qui se veut ambitieuse », avec des décharges horaires pour les enseignants « pour du travail collectif, les relations avec les familles », qui ne devraient pas « reposer sur du bénévolat », a salué Marc Douaire, président de l’Observatoire des zones prioritaires (OZP).
   « L’éducation prioritaire revient de loin. L’exigence qu’on peut avoir, c’est qu’au-delà des discours, ça dure. Parce que l’histoire de l’éducation prioritaire, c’est un peu du +on-off+ ».
   « C’est une relance, pas seulement un ajustement », a souligné Frédérique Rolet, co-secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire. « On reparle de la cartographie » des établissements, « ce n’est pas encore fait mais c’est prévu pour 2015 et il y a un consensus pour développer plus de moyens ».
   « Cela prouve que ce qu’a montré » l’enquête Pisa de l’OCDE, « l’écart croissant de réussite entre les établissements prioritaires et les autres, a été pris en compte », estime-t-elle.
   « On est sur un plan ambitieux, un vrai bond en avant », s’est réjoui Christian Chevalier, secrétaire général du SE-Unsa, deuxième syndicat de l’éducation. « Enfin on reconnaît à sa juste valeur le travail difficile, acharné, complexe que mènent dans des conditions pas faciles nos collègues ».
   « On met le paquet sur ce qui tire Pisa vers le bas, ces poches de grande difficulté scolaire sur lesquelles on n’a pas mis suffisamment le projecteur », s’est-il félicité.
   Frédéric Sève, secrétaire général du Sgen-CFDT, s’est dit « satisfait » avec un dispositif resserré sur 350 réseaux et la reconnaissance de la place de la pédagogie et l’innovation. « Plus que » la revalorisation des indemnités, « c’est la perspective de carrière qui est importante ».
   « Cette réforme va dans un bon sens, elle va donner des moyens supplémentaires à l’éducation prioritaire et pas des petits moyens », estime Paul Raoult, président de la FCPE, première fédération de parents d’élèves.
   « Ca fait 30 ans qu’on se rend compte que l’éducation prioritaire, malgré la multiplication des refontes et beaucoup de bonne volonté, ça ne fonctionne pas », relève Valérie Marty, présidente de la Peep. « On espère que cette énième refonte va modifier les choses. Mais elle n’aborde pas la question des contenus pédagogiques et programmes scolaires qu’il faudrait adapter aux élèves en difficulté ».

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