Instruction à domicile : le gouvernement cherche à désamorcer les critiques de tous bords

Éducation

Le gouvernement cherche jeudi 11 février 2021 une issue face aux critiques qui pleuvent de tous bords, y compris dans la majorité, sur la réforme controversée de l’instruction à domicile, l’un des sujets les plus délicats du projet de loi « séparatisme ».

Le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a déposé dans la matinée en catastrophe un nouvel amendement pour donner des gages aux opposants à l’article 21, qui durcit les conditions d’un tel enseignement.

L’amendement prévoit une période de transition jusqu’à l’année scolaire 2024-2025 « pour les familles qui pratiquent déjà l’instruction en famille et pour lesquelles ce mode d’instruction ne sert pas à des pratiques séparatistes contre lesquelles le présent projet de loi vise à lutter ».

Le dépôt de cet amendement de dernière minute a provoqué la colère des députés LR qui ont par la voix du député Marc Le Fur, demandé sans succès l’examen de cette nouvelle proposition gouvernementale en commission.

« Tout ça révèle la panique du gouvernement », a dénoncé le député breton.

L’article 21 « pose le principe de la scolarisation obligatoire de  tous les enfants âgés de 3 à 16 ans dans un établissement scolaire à la rentrée 2021 ».

En cas d’adoption du texte, l’instruction d’un enfant en famille (IEF), qui concernerait environ 62 000 enfants, deviendrait l’exception, en passant d’un régime de simple déclaration à celui beaucoup plus contraignant d’autorisation.

Dans le viseur de l’exécutif, le « séparatisme » scolaire des islamistes radicaux et autres dérives sectaires.

« Vous utilisez un marteau pour écraser une mouche », s’est ému le socialiste Jean-Louis Bricout dans l’hémicycle.

« C’est une agression à l’égard des familles », a dénoncé Charles de Courson (Libertés et Territoires) qui comme en commission spéciale, a affirmé que l’instruction en famille avait été supprimée par le régime nazi en Allemagne et l’Espagne franquiste.

Les opposants au texte font valoir que cet article 21 contrevient à la liberté d’enseignement, objet de nombreuses querelles politiques depuis les débuts de la IIIe République.

Défenseur affirmé de l’école publique, le président du groupe communiste André Chassaigne a pourtant annoncé qu’il voterait pour les amendements de suppression de l’article.

Très applaudi à droite et même par certains membres des groupes de la majorité, le député a estimé que l’encadrement de l’instruction à domicile était une « erreur ».

Quelque 400 amendements sur ce seul article 21 – un record pour le texte – ont été déposés.

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