Le HCI alerte sur la fonction intégratrice de l’École

Éducation

Dans un avis remis au Premier ministre le 12 avril et intitulé « La France sait-elle encore intégrer les immigrés ? Bilan de la politique d’intégration en France depuis vingt ans et perspectives », le Haut conseil à l’intégration tire la sonnette d’alarme. Les poussées communautaristes peinent à être endiguées par les personnels des établissements, peu préparés à gérer ces problématiques.

Le HCI note que « tous les témoignages convergent pour indiquer que l’éducation, le regard porté sur le pays d’accueil, l’investissement dans l’éducation, sont des éléments essentiels pour favoriser l’intégration ».

Le constat

L’école ne parvient pas à ce que les élèves s’émancipent de leurs origines, de leurs croyances. Elle est percutée de plein fouet par de l’entrisme communautaire ou religieux. Cela complique le travail que conduisent les éducateurs en matière d’ « émancipation individuelle et de libre arbitre ».

Des conflits à répétition ont lieu, dans les établissements scolaires, sur la question de l’islam. C’est en tout cas le motif avancé par certains élèves pour se soustraire à des activités sportives ou à des sorties scolaires. C’est aussi l’occasion, pour les familles d’avoir des exigences spécifiques de repas religieux. Le HCI précise que cela commence dès le plus jeune âge (crèche, maternelle).

Les préconisations

Ce sont les suivantes :

  • Renforcer la formation et la préparation des enseignants, personnels d’éducation et chefs d’établissement sur ces problématiques. À l’heure actuelle, peu d’entre eux sont en mesure d’y faire face.
  • Enseigner différemment l’Histoire de France, c’est-à-dire « avec ses grandeurs et ses bassesses, à l’instar de tous récits historiques ».
  • Développer le programme de réussite éducative (PRE). Des évolutions positives sont déjà à noter par rapport à la situation antérieure. 
Le HCI reste toutefois dubitatif sur le rapport moyens engagés/résultats obtenus, qui demeurent malgré tout assez faibles. Il préconise ainsi la mise à plat de l’ensemble des dispositifs et la « rationalisation des moyens » autour du développement du PRE. Le HCI invite aussi à mieux encadrer les activités des associations qui interviennent au sein des PRE via un cahier des charges précis comportant « les objectifs visés, la formation des intervenants, les modalités de mise en œuvre et les critères d’évaluation des actions conduites ».
  • Renforcer, auprès des garçons, l’éducation à l’égalité et au respect de la liberté des filles. Les parents ne doivent pas être oubliés dans cet effort de pédagogie.

Enfin, pour le HCI, l’école primaire – notamment la maternelle – est déterminante. Il rappelle ainsi ses précédentes recommandations : « rendre obligatoire la scolarité dès l’âge de trois ans, renforcer l’apprentissage du français pendant toute la durée de la scolarité à l’école primaire » et « investir massivement en matière d’accompagnement et de soutien scolaire à l’école primaire ».

Posté le par Rédaction Weka

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