PLF 2012 : la purge budgétaire continue

Éducation

Le chiffre est tombé : 14 000 postes supplémentaires seront ponctionnés, en 2012, au ministère de l’Éducation nationale. Après la manifestation du 27 septembre contre les choix budgétaires, cette annonce sonne comme une provocation pour les personnels comme pour les familles. On le sait, l’argent est le nerf de la guerre. En matière éducative, l’adage se vérifie. (1/3)

Contrairement à ce qu’affirme le gouvernement, l’État investit de moins en moins dans l’Éducation. Pour preuve, les financements de l‘Éducation nationale s’effritent d’année en année, chiffres à l’appui…

La dépense intérieure d’éducation

La dépense intérieure d’éducation (DIE) est en baisse constante depuis dix ans. La DIE, qui regroupe l’ensemble des dépenses d’enseignement (activités d’enseignement, administration, restauration, hébergement…) est le « reflet » de l’effort d’un pays pour son école.
En 1989, la DIE représentait 6,4 % du PIB. Ce ratio a ensuite augmenté régulièrement et atteint 7,6 % en 1995 en raison d’une part des investissements importants provenant des collectivités locales lors de la décentralisation et, d’autre part, de la revalorisation. Mais, depuis dix ans, ce pourcentage est en baisse constante pour retrouver le niveau des années 90… Si le taux de 7,6 % avait été maintenu, la DIE serait, aujourd’hui, de vingt milliards plus élevée.
Source : Regards sur l’Éducation, OCDE 2010

Les différences de financement entre les niveaux d’enseignement

Il existe bel et bien des différences de coût par élève et par niveau : un coût plus faible que la moyenne dans le 1er degré, un coût plus élevé dans le 2nd, comparativement aux autres pays de l’OCDE.
Cela s’explique de deux manières :

  • l’horaire de service des enseignants des écoles, plus élevé, tant au regard des comparaisons françaises qu’internationales, a un effet minorant sur le coût d’un élève du 1er degré ;
  • dans le 2nd degré, les agrégés occasionnent un coût par élève plus élevé en lycée d’enseignement général qu’en collège.

Quelques chiffres

  • La subvention par élève de collège est de 20,20 € contre 25 en 2009.
  • La subvention aux EPLE par élève de lycée est de 14,50 € contre 17 en 2009.
  • La subvention aux EPLE par élève de LP est de 26,70 € contre 34 en 2009.

Qu’annonce-t-on pour 2012 ?

Si, en 2012, le budget de l’Éducation nationale alloué à la mission enseignement scolaire augmente de 0,9 %, ce chiffre est inférieur à 2011 (+ 1,6 %) mais surtout très en dessous de l’inflation (1,7 %). Le ministère de l’Éducation nationale sera, en 2012 encore, le ministère le plus ponctionné par les budgétaires. Pour la 5e année, le dogme du « non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite » continuera à s’appliquer.

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