Réouverture des écoles : « tout ne va pas se passer du jour au lendemain » selon Jean-Michel Blanquer

Éducation

La réouverture des écoles, annoncée à partir du 11 mai, ne se fera « pas du jour au lendemain », et la priorité pourra être donnée « aux publics les plus fragiles », a déclaré mardi 14 avril 2020 le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer.

« Toutes les écoles ne seront pas ouvertes le lundi 11 mai », a dit le ministre sur France 2 et France TV info. « On va élaborer toute une méthodologie » de reprise « qui passe forcément par de très grands aménagements. En mai-juin ce ne sera pas du tout comme avant, ce sera forcément différent », a-t-il prévenu.

Dans son allocution lundi soir, Emmanuel Macron a annoncé que les crèches, écoles, collèges et lycées rouvriraient « progressivement » à partir du 11 mai 2020.

Selon l’entourage d’Emmanuel Macron, cette annonce d’une réouverture progressive a été dictée par « l’envie de lutter contre les inégalités sociales », qui se creusent pendant le confinement, et « d’aider à la reprise du travail ».

« Trop d’enfants, notamment dans les quartiers populaires, dans nos campagnes, sont privés d’école sans avoir accès au numérique et ne peuvent être aidés de la même manière par les parents, c’est pourquoi nos enfants doivent pouvoir retrouver le chemin des classes », a expliqué le chef de l’État.

Il a fait valoir que « le gouvernement aura à aménager des règles particulières, organiser différemment le temps et l’espace, bien protéger nos enseignants et nos enfants avec le matériel nécessaire ».

Depuis le 16 mars 2020, en raison de l’épidémie de coronavirus, quelque 12,5 millions d’élèves et 2,6 millions d’étudiants suivent les cours à distance en raison de la fermeture des écoles, collèges, lycées et universités.

En conséquence, le gouvernement a décidé d’évaluer cette année le bac et le brevet en contrôle continu.

Pour les étudiants de l’Enseignement supérieur, « les cours ne reprendront pas physiquement, jusqu’à l’été », a ajouté le chef de l’État. Le gouvernement précisera ultérieurement « la bonne organisation qui sera nécessaire en particulier pour les examens et les concours ».

« C’est tout sauf sérieux de rouvrir les écoles le 11 mai car on nous dit que tous les lieux publics sont fermés, les cinémas, les salles de spectacle, mais pas les écoles, alors que l’on sait que c’est un lieu de haute transmission, de haute contamination, il y a un manque de précaution, ça paraît être en contradiction totale avec le reste », a réagi Francette Popineau, secrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, interrogée par l’AFP.

« Il va y avoir une forte incompréhension de la part des enseignants, on a l’impression d’être sacrifié sur l’autel de l’économie », a-t-elle dit.

Même constat pour Benoît Teste, secrétaire général de la FSU, première fédération syndicale de l’éducation : « le plan de rentrée paraît encore flou », a-t-il déclaré sur RTL. « Emmanuel Macron dit que toutes les conditions sanitaires seront réunies, mais on a un grand nombre d’inquiétudes, on sait que le virus circule parmi les élèves ».

« Reprendre normalement ne sera pas possible, donc qu’est-ce qui va être proposé en terme d’aménagement ? Est-ce qu’on va prendre des demi-classes ? On ne va pas pouvoir reprendre des classes à 35 », a prévenu M. Teste.

Au syndicat SE-Unsa, « ce qui ressort de cette annonce c’est » aussi « de l’inquiétude », selon son secrétaire général, Stéphane Crochet, interrogé par l’AFP.

« Tout le monde a entendu les inquiétudes de rebond du virus dans les semaines à venir, les enseignants ne veulent pas être les victimes de ce rebond en étant en première ligne avec des enfants toute la journée qui peuvent être porteurs », a insisté M. Crochet, qui attend du ministère des éclaircissements.

Jean-Michel Blanquer a indiqué rencontrer à partir de ce mardi 14 avril 2020 les organisations syndicales pour parler des conditions sanitaires permettant la reprise et définir à partir du 11 mai « par quelles étapes nous passons ».

« Le premier critère, il est d’abord social », a-t-il souligné, laissant entendre que les élèves les plus en difficulté pourraient reprendre en premier. « Il faut sauver les élèves qui pourraient partir à la dérive du fait du confinement », a expliqué le ministre. « Ce sont les publics les plus fragiles que j’ai d’abord en tête », a-t-il insisté.

La reprise progressive « implique forcément qu’on ne va pas avoir les mêmes âges qui rentrent au même moment », et « il ne pourra pas y avoir de grands groupes » dans les classes, a aussi affirmé M. Blanquer. De ce fait, « il est possible qu’il y ait une charge horaire moins importante » pour les élèves.

Interrogé pour savoir si des masques seraient mis à disposition de tous les élèves et professeurs, il a assuré que c’est « fort possible mais ça fait partie des choses qu’on va décider au cours des deux prochaines semaines ».

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