Aménager la sécurité des bases de loisirs

Élus

Les enjeux de prévention et de sécurité doivent être analysés avant tout projet d’aménagement d’une base de loisirs. Un récent rapport de l’IAU peut aider les maîtres d’ouvrage à renforcer la sécurité. Il met l’accent sur la qualité de ces espaces.

Les bases de plein air et de loisirs (BPAL) ont été créées pour offrir aux habitants des espaces naturels, d’activités sportives et de détente, afin de contrebalancer les nuisances urbaines qu’ils subissent dans un contexte de densification des villes (circulaire du 21 mars 1975 dite circulaire « Mazeaud »). À travers l’analyse de trois bases franciliennes, l’Institut d’aménagement et d’urbanisme d’Île-de-France (IAU) émet diverses préconisations pour renforcer la sécurité dans ces sites.

L’IAU invite notamment les décisionnaires et les concepteurs à prendre en compte les enjeux de prévention et de sécurité en amont de tout projet d’aménagement, dès la définition des espaces.
 

Un « garant des lieux »

Davantage que la sécurité elle-même, ce sont les modes de gestion et l’aménagement des bases de loisirs qui doivent contribuer à freiner la délinquance. En effet, des espaces mieux entretenus, à l’ambiance agréable, où le public se sent accueilli et dans lesquels il est aisé de s’orienter limitent, à la fois, les situations vécues et le sentiment d’insécurité ressenti par les usagers et le personnel.

Dès la conception du projet, il convient proposer un aménagement en adéquation avec les usages attendus sur le site, tels qu’ils ont été définis au préalable. Il s’agit également de prendre en compte les usages effectifs, définis dans le règlement intérieur (à afficher systématiquement), dont les aménagements doivent permettent la pratique.

Il faut aussi éviter les conflits d’usage entre différents visiteurs : cyclistes, joggeurs, promeneurs, personnes en quête de détente… Divers aménagements ou principes réduisent les opportunités de commettre des actes délictueux, et favorisent la sensation de sécurité. Ainsi, il faut montrer qu’il existe un « garant des lieux » (gestionnaires, personnel…), faciliter l’orientation et la compréhension des lieux, permettre à l’usager de garder un contrôle visuel lors de ses déplacements et de se sentir intégré à la cité… Il doit aussi pouvoir bénéficier de l’aide des pouvoirs publics en cas de nécessité.
 

Créer un environnement de qualité

Créer un environnement de qualité contribue à la sécurité : qualité du mobilier urbain, « lisibilité » des espaces, éclairage, requalification des abords, amélioration de l’accessibilité, sécurisation des bâtiments, signalisation des délimitations de la base de loisirs, renforcement de la signalétique (extérieure et intérieure), requalification des entrées, des chemins et des espaces de stationnement…

L’entretien et les réparations doivent également être soignés et anticipés. Bien entendu, la gestion des accès et la protection du site doivent permettre d’éviter les intrusions illicites. Le personnel doit être sensibilisé à la médiation et à la prévention et formé pour pouvoir intervenir en cas de problème ; le recours à des médiateurs ou à des agents de sécurité doit être privilégiés, mais il est possible de faire appel, occasionnellement, à des sociétés de surveillance externes.
 

Embaucher du personnel parmi les habitants

Les collectivités ont intérêt à mutualiser la structure d’assistance à maîtrise d’ouvrage, et à travailler en partenariat avec les acteurs locaux de l’animation et de la prévention sociale, voire à proposer des opérations communes : activités de loisirs, animation culturelle, accompagnement professionnel…

Il est conseillé également de surveiller l’évolution de la situation de sécurité et de l’évaluer périodiquement. Les gestionnaires des bases peuvent développer une politique d’insertion par l’emploi : embauche de personnel parmi les habitants, recours à des prestations d’associations ou d’entreprises locales…

Le rapport de l’IAU s’interroge sur l’ouverture et la fermeture des sites ; chaque solution comporte des avantages et des inconvénients, qu’il faut peser avant toute décision. Le choix sera lié notamment à la configuration du site.

Marie Gasnier

Pour en savoir plus :

« La sécurité dans les bases de plein air et de loisirs« , IAU, avril 2013

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