Réforme du collège : l’intersyndicale envisage une grève en septembre, manifestation en octobre

Enfance et famille

L’intersyndicale hostile à la réforme du collège se réunira mardi soir pour discuter d’une grève en septembre et d’une manifestation en octobre, a indiqué mercredi le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, lors de sa conférence de rentrée.

« Quoi qu’en dise la ministre, le dossier n’est évidemment pas clos. Il n’est pas question que la réforme se mette en place en l’état à la rentrée 2016 », a dit Frédérique Rolet, co-secrétaire général, au lendemain de la conférence de rentrée de Najat Vallaud-Belkacem, qui avait réitéré sa « détermination ».

« Quel intérêt un gouvernement peut avoir à mettre en œuvre une réforme qui n’est pas portée par les personnels ? », a déclaré Roland Hubert, également co-secrétaire général.

Les dates des mobilisations ne seront pas finalisées mardi 1er septembre, jour de la rentrée, chaque syndicat devant consulter sa base, a précisé le Snes.

Pour Mme Rolet il est toujours possible de changer les textes de la réforme, publiés au Journal officiel en mai au lendemain d’une première grève. Elle a rappelé l’exemple du calendrier scolaire, qui a été revu.

Le syndicat considère que l’autonomie introduite par la réforme va « mettre les personnels et les disciplines en concurrence ».

Si la réforme « passe en l’état, je pense qu’un gouvernement de droite n’aurait pas grand chose à y changer », a estimé Mme Rolet, alors qu’Alain Juppé, candidat à la primaire de la droite et du centre, vient de publier un livre sur l’éducation, prônant notamment plus d’autonomie.

La rentrée 2015 se caractérise par « l’absence de ligne de force, de souffle, de projet éducatif qui ressorte fortement », a-t-elle dit. Elle a pointé « une forme d’improvisation, de bricolage. On lance des choses et derrière on a l’impression que les moyens ne suivent pas, que les dispositifs n’ont pas été pensés dans toutes leurs conséquences ».

Il y a certes « des choses faites, notamment sur l’éducation prioritaire », mais le bilan de la réforme du lycée de 2010 n’a toujours pas été publié, a-t-elle regretté.

À cette rentrée, les difficultés vont « se cristalliser » en seconde, car l’afflux de 35 000 lycéens supplémentaires n’a pas été bien anticipé, nécessitant par endroits « des ouvertures de classe en catastrophe », a-t-elle assuré.

Mardi, la ministre a réitéré que les promesses de créations de postes d’enseignants seraient tenues. « Nous pensons qu’on ne va pas y arriver », a dit Mme Rolet : 8 500 emplois nouveaux sont prévus selon elle au projet de budget 2016, « il en faudrait au mois 11 000 » pour « réaliser la promesse des plus de 22 000 qui restent à créer ».

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