De plus en plus de familles à la rue

Lutte contre les exclusions

Les demandes d’hébergement sont toujours aussi nombreuses, principalement des familles, constate le 4e baromètre 115 hivernal de la Fnars.

Les résultats du 4e baromètre 115 hivernal de la Fnars pour la période 2012-2013 montrent, à nouveau, que plus de la moitié des demandes d’hébergement ne sont pas suivies de réponses positives. « Le nombre d’attributions semble avoir atteint son maximum », commente la Fnars.

Les places d’hébergement ouvertes pour l’hiver se révèlent « insuffisantes pour répondre aux 13 000 demandes supplémentaires observées entre février 2012 et 2013 sur les 37 départements de l’échantillon du baromètre.

Les 115 sont ainsi contraints d’éconduire les personnes, enregistrant une hausse de non attributions égale à la hausse des demandes. « À quelques jours de la fin de la période hivernale, on constate donc qu’aucun changement n’aura eu lieu cet hiver dans la prise en charge des personnes sans-abri », déplore la Fnars.
 

Les familles moins hébergées que les autres publics

Comme en janvier, sur les 37 départements de l’échantillon, les demandes d’hébergement sont en forte croissance par rapport à l’an dernier : + 28 % entre février 2012 et février 2013, soit 13 000 demandes supplémentaires. Parmi les demandes d’hébergement, les demandes des personnes en famille demeurent les plus nombreuses (42 %) et expliquent en grande partie l’augmentation des demandes, observe la Fnars.

Les demandes des personnes en famille ont progressé de 72 % depuis février 2012, (soit 10 000 demandes supplémentaires sur les 37 départements de l’échantillon). Conséquence de cette croissance : l’augmentation des demandes des personnes de moins de 18 ans (+ 78 %), qui correspondent aux demandes des enfants dont les familles sollicitent le 115.

Plus des deux tiers (70 %) des familles ayant sollicité le 115 en février 2013 sont originaires de pays hors de l’UE. Les demandes des personnes en famille d’origine hors UE ont ainsi doublé entre février 2012 à février 2013.

Si la majorité des demandes sont faites par des personnes entre 25 et 44 ans, les résultats du baromètre de février 2013 montrent, néanmoins, une forte progression des demandes des personnes de plus de 65 ans (+ 66 %), même si cette catégorie d’appelants reste très largement minoritaire.
 

Un dispositif d’hébergement d’urgence asphyxié

En février 2013, un peu plus de la moitié (51 %) des demandes d’hébergement n’ont pas donné lieu à un hébergement sur les 37 départements de l’échantillon, contre 55 % le mois dernier, 57 % en décembre et 71 % en novembre 2012.

Si l’on constate une amélioration des attributions par rapport au début de l’hiver (+ 50 % des attributions entre novembre 2012 et février 2013, soit 10 000 attributions supplémentaires), la situation stagne par rapport au mois dernier (+ 4,5 %, soit + 1 200 attributions supplémentaires). « Le dispositif d’hébergement sur les territoires semble avoir atteint le maximum de sa capacité d’ouverture, explique la Fnars.

Les non attributions s’expliquent ainsi principalement par l’absence de places disponibles : 65 % des demandes n’ont pas donné lieu à un hébergement pour cette raison, soit le même taux que le mois précédent ».

Malgré la forte augmentation des demandes (+ 28 % entre février 2012 et février 2013), les attributions d’hébergement restent équivalentes (28 000 attributions en février 2012 et février 2013) sur les 37 départements, selon le baromètre. « Le dispositif d’urgence ne s’adapte donc pas à la situation de l’urgence sociale, qui ne cesse de se détériorer ».

« Conséquence : les non attributions explosent, avec une hausse de 80 % par rapport à l’année dernière. Une fois attribué le seuil de places disponibles, toute demande supplémentaire génère une réponse négative faute de mobilisation suffisante de places à la hauteur des besoins observés sur les territoires », conclut la Fnars.

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